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Chapitre 3

Chapitre 3

Le lundi suivant, je montais dans le bus, comme d'habitude. Encore une fois, aucun signe d'Aïen. Je m'assis vers le milieu du bus. Pleins de questions se bousculaient dans ma tête : Qu'est-ce qui se passe entre mes parents, pour qu'il y ait cette atmosphère lourde et oppressante à la maison ? Que devient mon frère que j'admirais tant, avant de venir habiter ici loin de lui ? Et surtout comment allait Aïen, cet ami dont je ne pouvais plus me passer ? Je me sentais observée et levais la tête. En face de moi, un homme, à peine plus âgé qu'Aïen, me fixait. Un pantacourt ample pourpre à bords blancs, un t-shirt gris à motifs marron. Il avait les yeux d'un vert très sombre, presque noir, et des cheveux bruns attachés en queue de cheval. Il me regardait fixement et sans ciller. Je me sentais mal à l'aise et, pour échapper à son emprise, regardais par la fenêtre. Sans faire attention, j'approchais mon bras de la vitre et le retirais brusquement en étouffant un petit cri. La vitre était brûlante. Je me massais le bras et relevais la tête. Le jeune homme était parti, il venait de descendre du bus. Je descendis au terminus et, n'ayant rien d'autre à faire, je me dirigeais vers ma salle. Je m'assis sur le banc, fermais les yeux et laissais les rayons du soleil me chauffer doucement la peau. Puis, d'un coup, je sursautais : des mains s'étaient posées sur mes yeux. Je ne bougeais plus, mon c½ur se mit à battre plus vite.
- Aïen ? demandais-je
J'espérais en savourant cet instant. Je sentis un souffle chaud près de ma joue et mon oreille.
- Gagné... !
Je pris ses mains dans les miennes et me relevais précipitamment du banc. Puis, le plus simplement du monde, je lui sautais au cou. Un peu surpris, il me laissa faire et me colla un bisou bien claquant sur la joue.
- Je t'ai tant manqué que ça ?!?
- Rigole ! J'ai cru que tu t'étais fait massacré pas tes colocs, t'as même pas donné de nouvelles !!!
- Mais non !!! fit-il en rigolant. Je me suis pas fait massacré ! J'étais malade ! Mais je suis guéri maintenant...Et comment voulais-tu que je te prévienne ? En appelant le lycée ?
- Parfaitement ! Alors au moins, dis-moi où je peux te joindre la prochaine fois !
- Tu vas me passer ton numéro, et je te passerais le mien...
Il sortit de son sac un grand cahier où était écrit « Eco » et me présenta la première page, blanche. Je lui tendis mon agenda. J'inscris : Julia : 06 ** ** ** **. Puis je me tournais vers lui. Il avait fini de noter ses numéros.
- Dis, Aïen, t'as pas encore eu cours d'économie ?
- Comment veux-tu que j'aie eu cours d'éco, patate, vu que j'étais malade !
- C'est vrai, avouais-je en rougissant.
- De toutes façons, moi et l'éco...Bon, tu m'appelles sur le portable. Et si tu as vraiment besoin, si tu as essayé sur le portable plusieurs fois et que je ne réponds pas, tu peux appeler le fixe. Mais c'est en cas de vraie urgence, d'accord ? Les garçons n'aiment pas quand quelqu'un, à part un de nous quatre, appelle sur le fixe. Et, ils ne vont pas me tuer, rajouta-t-il avec un sourire, mais ils vont m'en vouloir de troubler la « tranquillité » de l'appartement.
La sonnerie retentit. Il me demanda si nous mangions ensemble le midi. J'acceptais avec un grand sourire. Je rentrais en classe. Devoir de maths. Et m....., j'adore les cours de première...
Le midi, je mangeais avec Aïen. A mon grand étonnement, il ne prit pas de viande. Je n'aimes pas le sang, m'avoua-t-il. Il me raconta sa semaine, à flâner chez lui ou dans un parc non loin. Il me dit qu'il s'était un peu ennuyé, et qu'il aurait préféré être à l'école. Je m'interrogeais : à l'école ? Pour les cours ou...pour me voir ? Il me sourit et me questionna sur ma semaine. Je lui racontais mes accablantes journées de cours.
- Et chez toi ? Il se passe rien ? Tu as vu ton frère ?
- Oh...non, je ne l'ai pas vu. Et puis, il se passe pas grand-chose, la routine quoi.
Je m'en voulais de lui mentir. Mais je ne voulais pas le mêler à une histoire où, moi-même, je n'en savais pas assez.
Les jours et les semaines passèrent. Nous étions souvent ensemble, à se balader en ville ou dans les parcs alentours. Le week-end, il venait chez moi, quand mes parents n'étaient pas là. J'appris qu'il ne voyait plus ses parents depuis déjà quelques années, ni les membres de sa famille. Sa seule vraie famille était maintenant ses colocataires. Quand je lui demandais ce qui s'était passé, s'il avait cherché à revoir sa famille, où est-ce qu'ils étaient, il évitait la question. Un jour qu'il était chez moi et alors que nous parlions, assis dans ma chambre, je lui reposais ces questions et insistais pour avoir une réponse. Il ne répondit d'abord pas, puis s'impatienta.
- Je t'ai dit que je ne voulais pas en parler...
- Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est si grave que ça ?
- Mais, laisse-moi avec ça !
- Mais pourquoi tu ne veux rien dire ??! Tu ne me fais pas confiance ?
- Lâches-moi, d'accord ?!!T'as compris ? Laisse-moi tranquille ! Ce qui s'est passé c'est...c'est trop compliqué pour toi !
- Trop compliqué ?!! Je suis une fille qui ne comprend que les choses simples alors ?! Vas-y, dis-le que je suis une idiote, une ignorante ! Dis-le ! Dis-le comme mon frère !! m'exclamais-je.
J'étais aux bords des larmes. En colère contre lui, je pris un verre laissé sur la commode et le lançais de toutes mes forces dans le couloir. Il se brisa contre le mur. Je portais mes mains à ma bouche, surprise par ce que je venais de faire, enfouis ma tête sur mes genoux, et me mis à pleurer doucement. Il s'approcha de moi et me pris dans ses bras.
- Non, je n'ai pas dit ça...Tu n'es pas ignorante, et je te fais confiance. Mais, il y a des choses que je ne peux pas te dire maintenant. Je te le dirais, je te le promets. Mais plus tard...Plus tard.
Il caressait mes cheveux avec des gestes doux. L'horloge sonna seize heures. Il murmura à mon oreille qu'il devait partir. Je me blottis davantage dans ses bras. Il se leva lentement et répéta qu'il devait y aller. Je le regardais et lui demandais s'il m'en voulait. Il secoua la tête en souriant. Je m'excusais en baissant les yeux et me levais. Il passa un bras autour de mes épaules et déposa un baiser sur mon front. Je le raccompagnais jusqu'au bus.
Une semaine passa. Tout était redevenu comme avant. C'était vendredi. Mon frère devait arriver le soir même. Malgré tout ce qu'il avait pût dire, je ne lui en voulais pas. Je finissais plus tôt exceptionnellement, à quinze heures. J'avais prévenu Aïen que je rentrerais plus tôt. Et je suis rentrée.



Verdict ? Cette fois-ci, je veux 8 coms (parce que je suis capricieuse)
Concernant les liens, c'est pour la musique,
parce que parfois les vidéos...(on va rien dire)
Cadeau !
Le plan de la maison de Julia (pour mieux se repérer)
RDC / Etage
(Je sais, je dessine comme un manche, surtout sur Paint)
A quand le chapitre 4 ?

# Posté le jeudi 08 mai 2008 12:42

Modifié le samedi 25 octobre 2008 10:47

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