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Chapitre 5 (partie 1)

Chapitre 5 (partie 1)


Nous restions ainsi, collés l'un à l'autre, sous la pluie qui ne cessait de tomber drue, comme pour nous défier de rester. Je ne saurais dire combien de temps cela dura. Une éternité...Pas assez.
Au bout d'un moment, il frotta sa main contre mon dos. Je restais les bras serrés contre le c½ur, contre lui. Je ne voulais pas que tout s'arrête. Il se pencha un peu, posa un baiser sur mon front et me dit de venir, tout en gardant son bras autour de mes épaules. Nous marchions tranquillement, en silence. Nos vêtements étaient trempés au point que, sur notre peau, si nous n'avions rien eu, ç'aurait été pareil. La pluie cessa peu à peu, nous traversions le parc. Au loin, l'horloge de l'église sonna six coups. Il faisait encore jour et la vie, arrêtée un instant par la pluie, reprit son cours. Des oiseaux se remettaient à piailler, des gens pressés passaient à la hâte, on entendait de nouveau à quelques pâtés de maisons les voitures qui circulaient. On était vendredi, et tous rentraient chez eux. En silence, je pensais à ce qu'aurait dû être ma soirée. Joyeuse, chaleureuse, avec mes parents et mon frère. Mais quelque chose ou quelqu'un avait dérangé tout cela. Et je pressentais que cette occasion ratée empêcherait toutes les autres de se produire. Dans ma poche, mon portable vibra. Je l'ignorai délibérément. Je levai la tête vers Aïen, celui qui avait répondu à mon appel. Celui qui était là quand ça n'allait pas. Celui...qui m'aiderai peut-être. Je baissai la tête et regardai mes pieds. Je ne me sentais pas le courage de lui parler maintenant. Plus tard. Parce qu'il voudra sûrement savoir ce qui s'est passé pour que je partes de chez moi ainsi, sous la pluie, que je l'appelles presque en pleurs et que je m'effondre dans ses bras à son arrivée. Il faudra lui dire. Je ne vais plus lui cacher. Mais comment lui avouer, ça je l'ignore. Distraitement, je regarde autour de moi. Nous avons quitté le parc, je ne sais pas vraiment où nous sommes, ni où nous allons. Je le regarde. Il tourne la tête vers moi et me sourit. Ses cheveux encore alourdis par l'averse encadrent son visage et le rendent plus jeune. Il n'est pas vieux, non. Mais, comme ça, les cheveux plaqués, le visage traversé par moment par quelques gouttes d'eau, il a l'air plus jeune, presque...un enfant.
Le bruit du gravier sous nos pas me fait sortir de mes songes. Nous nous sommes engagés dans une allée de gravier blanc-gris, assez longue, bordée par une pelouse. Sur la gauche, un sapin. De ses branches tombent encore les restes de cette simple et innocente averse. Son souvenir me rappelle mon état, je frissonne. Il me regarde d'un air un peu étonné et resserre son bras autour de mes épaules. Je lève les yeux et ralentis, bouche bée. Devant moi, le soleil se couche derrière la maison, la rendant plus sombre. Je grave dans ma mémoire l'image de cette maison. Un étage, le côté d'où nous venons est obscurci par le manque de soleil et les contours de la bâtisse se dessinent dans le ciel rose-orangé du crépuscule. Nous montons les trois marches du palier. Il passe devant moi et cherche quelque chose dans sa poche. J'en profite pour me retourner. L'allée est, comme je le pensais, assez longue. On peut voir encore après, à quelques centaines de mètres, la grille et les reliefs du parc.
- Tu viens ?
Aïen a ouvert la porte. Je rentre, il ferme la porte derrière moi et me mène jusqu'à la cuisine. Il ouvre le frigo et les placards, apparemment à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent.
- C'est vraiment dommage qu'il ait plu ! Je te proposerai bien de prendre une douche mais tu n'as rien pour te changer...Sauf si tu prends des affaires à moi, mais je doute qu'elles t'aillent. On ne fait pas la même carrure et moi et la conversion homme/femme pour les fringues, ça fait deux...
Je ris. Il a ouvert le frigo de nouveau, se retourne et me sourit.
- Mais si tu veux essayer...Tu veux boire ou manger quelque chose ? Un chocolat chaud, ça te tente ?
Rien qu'au mots « chocolat chaud », mes yeux brillent. Je lui souris et, avec une mimique enfantine, les deux mains jointes, je le regarde et hoche la tête frénétiquement. Il rit de bon c½ur et me propose alors de me changer et, le temps que mes affaires sèchent, de boire un chocolat avant de prendre un douche « si tu en as envie bien sûr » et de remettre mes affaires quand elles seront sèches. Je lui répond un « oui » joyeux et lui fais mon plus beau sourire. Il met le lait à chauffer et me conduit dans sa chambre. Il me fait rapidement visiter. Nous retournons vers l'entrée en passant par le salon.
- A côté, c'est la salle à manger. Le couloir à gauche. Si tu as envie, les toilettes se trouvent deuxième porte à gauche. La troisième, c'est la chambre d'amis, mais elle ne sert pas souvent. A droite, c'est une sorte de salle de détente. On a la chance d'avoir un billard, un baby-foot et un vieux canapé miteux pour aller avec le tout !!! Je t'avoue que pour ma part, continue-t-il sur le ton de la confidence, je préfère largement le canapé du salon !
Et il a de quoi. D'après ce que j'ai vu, celui du salon est blanc et à trois places. Pratique pour la sieste.
- L'escalier au bout du couloir. Donc on monte...alors, à gauche, au dessus de la salle détente, il y a trois chambres. Et à droite, première porte : la salle de bain ; deuxième porte : encore des toilettes ! et troisième porte, une chambre...Voilà ! Suis-moi...Ma chambre est au fond à gauche. Alors...qu'est-ce que je vais bien pouvoir te donner ?... J'en – sais – rien – du – tout...dit-il lentement. Euh, dis-moi : t-shirt, sweat, chemise, pantalon, jean, short...jogging ?
J'explose de rire devant l'énoncé de ce qui lui pose problème. Il me fait une petite moue, l'air de dire « mais je sais pas moi, qu'est-ce que j'ai dit ?... ». Je reprends mon sérieux.
- Choisis pour moi.
- Quoi ?! Ah non, t'es vache !
- Mais je sais pas plus que toi !
- Bon...Alors euh...Une chemise et un jean, ça te va ?
J'acquiesce. Il cherche les vêtements dans la penderie et me les tend. Il se baisse à nouveau, farfouille dans un tiroir et brandit devant moi sa trouvaille.
- Tu veux les chaussettes aussi ?
Je rigole. Il me fait un petit sourire avant de rire avec moi. Puis, sans prévenir, il se jette sur moi et se met à me chatouiller. Je tombe sur le lit et essaye entre deux fous rires, de lui dire d'arrêter. Il finit par le faire de lui-même en se redressant brusquement.
- Aah, le lait !!! J'te laisse t'habiller !...
Il sort de la chambre en courant et je l'entends dévaler les escaliers. Avec un dernier rire, je ferme la porte et me change. Comme prévu, sa chemise est trop grande, et j'ai tellement l'habitude d'en mettre que je réussis à casser le bouton du haut...Mes yeux se posent sur un petit miroir, posé entre le mur et la penderie. Je le sors, l'adosse au mur et m'éloigne un peu pour me regarder. Je me mets à rire de mon image : les jambes nues, la chemise qui descend jusqu'à la moitié des cuisses au moins, les manches trois fois trop grandes, mes cheveux en chignon mal fait à moitié secs qui rebiquent...Je souris d'un air presque pathétique et mets le jean. Qui lui, au moins, me va. Trois petits coups à la porte. J'ouvre. Aïen est là, un plateau avec deux tasses dans les mains. Il pose le plateau à terre près de son lit et se retourne vers moi. Il garde le silence un petit moment et finit par lâcher, un brin amusé :
- Waaah, t'es trop sex !
Il rigole et se reçoit un coussin dans la figure. On se demande bien qui l'a lancé...Il se jette sur moi et recommence à me chatouiller.
- Non !...Aïen...ahahah...arrête....ahaha...t'es tout mouill...ahaha arrête !!!...les chocolats vont être froids...ahaha...
Il continue encore quelques instants et se ravise, prétextant que je ne lui ferais pas boire son chocolat froid...Bien sûr, bien sûr. C'est de ma faute, je te crois. Je souris et m'assois en tailleur sur le lit. Il me tend une tasse, s'assoit sur le rebord du lit et avale une gorgée de la sienne. Je le regarde, les deux mains serrées sur la mienne pour mieux me réchauffer. Puis je prends une gorgée. Il me sourit.
- C'est bon ?
- Hummm...
Ses yeux me lancent un éclair. Je réplique d'un air joyeux :
- Mais si c'est bon euh ! Je rigole !!
- Ah ! Tant mieux !...Sinon, je te l'aurais pris et t'aurais rien eu d'autre, précise-t-il avec un clin d'½il.
Je lui souris et reprend une gorgée de chocolat.



Voilà ! Alors c'est un chapitre que je qualifierais de "décisif"
Je voulais faire un chapitre long, genre 2 pages sur Word
et en fait, mon chapitre en fait 4 !!!
C'est pour ça que je l'ai coupé en deux...
Donc, comme c'est pas un chapitre entier, ça fait 6 coms ^^
Merci beaucoup pour vos coms et remarques pertinentes
[pour info, Aïen se prononce "Ayen"]
Je vous attends avec la suite ^^
@+ M.A.

# Posté le mardi 13 mai 2008 06:43

Modifié le samedi 25 octobre 2008 10:54

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