Je lui souris et reprend une gorgée de chocolat. Il se lève et ouvre la penderie, en sort un t-shirt et un jean, qu'il pose à côté. Il retire son sweat, puis son pantalon...Waah ! Ah, mais non ! Non, mais...non, non, faut pas !!...Je rougis, gênée et détourne la tête. Il se retourne et me demande :
- Euh, tu veux peut-être que je me change dans la salle de bain ?
- Euh, non, oui, enfin, si tu veux, c'est, c'est...comme tu veux...
Il me sourit et partit se changer dans la salle de bain. Il revint quelques minutes après, me demanda si je revoulais du chocolat chaud et comme j'acquiesçais, un peu gênée, il repartit avec mes vêtements mouillés et les siens, le plateau et nos tasses. Il revint avec les deux tasses remplies et me précisa qu'il avait mis mes vêtements à sécher...Il s'assit sur le lit en tailleur devant moi et me regarda droit dans les yeux. Je les fermais et poussais un soupir.
- ...Je suppose que tu veux savoir pourquoi je t'ai appelé...
- Ca m'arrangerait un peu...Qu'on me dise pas après que je t'ai kidnappé...
Je souris à sa remarque. Je m'étais enfuie, j'étais chez lui, alors de toute façon...
- Mais rigole pas, tu sais que je risque la taule en t'amenant ici ! lança-t-il avec un sourire.
- Je sais...Tu as le droit de savoir.
Et je lui racontais tout. Comment je m'étais trompée sur les larmes de maman le premier jour de cours, les disputes nocturnes de mes parents, comment je l'avais vécu lorsqu'il était malade, mes doutes sur les activités de mon père, l'engueulade d'il y a quelques heures, comment je m'étais enfuie, mon pressentiment sur ce qui s'était passé...Il m'écouta silencieusement. Quand j'eus fini, il posa sa tasse à terre et semblait réfléchir.
- Aïen, tu...tu pense qu'ils vont se séparer ? Que mon père a vraiment...une maîtresse ? demandais-je la gorge nouée.
- Concernant ton père, il n'y a que lui qui peut te le dire. Même si je pense que si c'est le cas, il ne te l'avouera pas comme ça, tout simplement parce que tu es sa fille. Si tu veux savoir, il faudra que tu cherches...Et pour tes parents, je ne veux pas être pessimiste, mais s'ils ne trouvent pas un moyen de se parler sans s'engueuler, si rien ne s'arrange, il y a des chances qu'ils se séparent, oui...Mais, ton frère Max, il en pense quoi lui ?
- Je ne sais pas. Je ne l'ai pas eu téléphone. Mais maman a dit que c'était parce qu'il savait qu'il n'est pas venu...
- Ta mère était peut-être énervée, c'est pour ça. Il a peut-être eu un empêchement. Ou alors, il est vraiment au courant et ne veut pas affronter tes parents. Je ne dis pas qu'il est lâche ou quoi, seulement, je sais que ces histoires sont dures à vivre, et toi aussi en ce moment tu en vis une. Mais tu sais que, si tu as besoin, tu m'appelles, quelque soit l'heure, d'accord ?
- Oui. Merci Aïen.
- Allez viens là !
Il me prit dans ses bras, je posais ma tête contre son épaule. Nous restâmes de longues minutes dans les bras l'un de l'autre. Puis il caressa ma tête et me dit qu'il allait voir si mes affaires étaient sèches. Je l'attendis. Il revint avec un air triomphant :
- C'est sec ! Tu veux prendre une douche avant de te changer ?
- Et...après ?
- Après, je ne sais pas, soit je te ramènes, soit tu crèches ici pour la nuit...Tu dormiras dans la chambre d'amis...Mais bon, d'abord il faut prévenir tes parents, surtout qu'il est bientôt 8 heures...Enfin, on verra.
J'acquiesçais, pris mes affaires et partis me doucher.
L'eau chaude me fait du bien. Je pourrais rester ainsi pendant des heures, juste à profiter d'une bonne douche après la pluie. Deux coups à la porte. J'éteins l'eau, me sèche rapidement et enroule la serviette autour de moi. Trois coups plus forts.
- Ouvre !!!
Je prends mes affaires et celles qu'Aïen m'a prêtées et ouvre la porte. Je m'arrête, nez à nez avec un jeune homme aux cheveux rouges foncé, courts, les yeux noir, tout aussi surpris que moi. Je rougis :
- Désolée, je ne savais pas que quelqu'un voulait la place...
Je passe sur le côté et me dirige vers la chambre d'Aïen, sous le regard du garçon, la bouche grande ouverte. Aïen, justement, vient par les escaliers.
- Ah, t'es là, toi ! Je te cherchais...dit le garçon aux cheveux rouges.
Aïen me regarde rapidement et me montre sa chambre des yeux. Je m'y rend, tête baissée, mais laisse traîner une oreille.
- Qu'est ce que tu me voulais ?
- Oh, pas grand-chose. J'ai vu que tu as fait des courses aujourd'hui...
- C'est...
- Et tu te rappelles encore plus qu'on avait dit qu'on ne prendrait plus certaines choses...
- ...Ecoute, je...
Soudain, j'ai un flash. Une femme. Un homme. De la pelouse. Une maison. Des cris. La même femme, baignant dans le sang. Morte. Cette femme...elle me ressemble. Je suis pétrifiée. Le miroir me renvoie l'image d'une fille au visage effrayé, au regard angoissé. Moi.
Je jette les vêtements d'Aïen sur son lit, m'habille à la hâte et sort en courant. Je croise le regard d'Aïen mais ne m'arrête pas. Je dévale l'escalier aussi vite que je peux. Il m'appelle, je l'entends me suivre. J'enfile mes chaussures rapidement, ouvre la porte et court sans prendre la peine de la fermer. Fuir. Fuir cette maison et toutes ces pensées. Aïen court derrière moi, crie mon nom. Non, courir, ne pas se retourner. Je sens qu'il se rapproche. Je suis presque au bout de l'allée. Une main retient mon bras et me retourne. Aïen. Je secoue la tête, les yeux grands ouverts. Je répète non, non ! Aïen me prend les bras et me crie :
- ARRÊTE ! N'AIES PAS PEUR, JE T'EN SUPPLIE !!! CE N'EST RIEN ! JULIA, ECOUTE-MOI ! JE SUIS UN VAMPIRE, TU M'ENTENDS ? UN VAMPIRE !!!
Non ! Non ! Je reçois un coup sur la tête. Et tout devient noir.
Bon, d'accord, ça peut paraître un peu niais, mais c'est pour la bonne cause...
(Je suis si prévisible que ça ?)
Concernant un plan de la maison, vous n'en savez pas encore assez
sur les locataires pour que je vous le passe...
mais il est prêt à sortir, tout fini, tout beau ^^
dans quelques chapitres, promis !!!
deuxième partie, pour la suite : ...7 ?
