La maison était plongée dans le noir. Je montais sans faire de bruit et m'asseyais sur le rebord de la fenêtre, ouverte, au pied de mon lit. Comment ? Pourquoi ? La lune au dehors brillait comme en plein jour, tel un croissant de délice...Comment ont-ils fait pour me le cacher aussi longtemps ? Pourquoi me l'ont-ils dit ce soir et pas avant ?...Combien de choses ai-je pensé en leur présence, combien que je ne voulais pas qu'ils entendent, combien qu'ils ne devaient pas entendre ?...Encore heureuse que je ne sois pas restée aussi souvent que ça avec Matt, Krys et Anto. Mais Aïen ?...Notre première conversation me revint en mémoire : qu'avais-je bien pu penser à ce moment ? Il est beau, son regard qui m'hypnotise, lui, ce grand mystère...Comment a-t-il pu ne rien me dire ?!!! Je me prends la tête entre les mains. Le téléphone, sur le lit, vibre. Aïen. Je le saisis et d'un geste rageux le lance contre l'oreiller. Menteur, menteur !!! Il ne disait alors que ce que je voulais entendre ?! Je me sentais trahie une fois de plus. Non pas que sa condition de...vampire...me gênât...seulement, comment allais-je bien pouvoir faire maintenant ? Je ne voulais pas qu'ils entendent mes pensées à longueur de temps ! L'idée de rompre tout contact avec eux m'effleura l'esprit, mais c'était trop dur...Ce sont les seuls vrais amis que je me suis fait depuis mon déménagement ! Je me rends dans la salle de bain, passe de l'eau sur mon visage. Puis j'enlève tous mes vêtements et me glisse sous la douche. Il est déjà minuit passé, mais qu'importe, j'ai besoin de réfléchir, ou de penser à autre chose. L'eau chaude me fait du bien. Quelques larmes se mettent à couler sur mes joues. Le souvenir d'une fuite sous la pluie. Son souvenir à lui. Souvenir ? Le temps me dira si je pourrais lui pardonner. Quoi ? Je ne sais pas. Je sais juste que je devrais ou non lui pardonner...Je sors de la douche après dix bonnes minutes. Personne ne frappe à tout rompre à la porte, ce qui signifie que Papa dort encore sûrement. Je m'essuie et m'enroule dans la serviette. Je sors et sursaute. Maman est là. Les yeux me piquent, mes larmes remontent doucement. Par chance, la pénombre cache mon visage.
- Ca va ? Ta soirée s'est bien passée ? demande-t-elle en chuchotant.
- Mhm...Et toi ?
- Bien, bien. On a été au restaurant et après on est sorties en discothèque. Je sais pas si tu connais de nom, c'est le...Tu es sûre que ça va ?
Je hoche la tête et passe devant elle en la bousculant un peu. Je rentre dans ma chambre, ferme la porte. Elle toque.
- Chérie ? Chérie, ça va ? Je peux rentrer ?
Je mets ma nuisette. J'ai envie de lui dire de rentrer. Mais je ne pourrais pas lui expliquer ça, elle me prendrait pour une folle ! Maman, au fait, je t'ai pas dit, Aïen et Matt, les deux amis que tu as rencontré au marché, et leurs deux colocs, eh ben c'est des vampires ! Et ce soir, ils m'ont avoué qu'ils entendaient tout ce que je pense ! C'est drôle, non ? Je souris de cette situation comique. Non, je ne lui dirais pas. Elle toque, je lui dis de rentrer. Elle vient s'asseoir près de moi sur le lit.
- Qu'est-ce qui se passe, ma puce ? demande-t-elle en me prenant la main.
- ...Aïen et ses amis m'ont dit que...on ne pourrait pas se voir demain...
- ...Mais pourquoi ? Qu'est-ce que vous deviez faire demain ?
- Aller en ville...
- C'est pour ça que tu pleures ? fait-elle en me caressant la tête.
- ...Oui...
- ...Tu sais, ce n'est pas si grave. Vous pourrez vous voir la semaine prochaine...Et puis vous ne vous êtes pas disputés ou quoi alors c'est bon...
- ...
- Vous vous êtes disputés ?
- Bah, je leur en veux.
- Ne leur en veux pas pour ça, chérie. Je suis sûre que c'est indépendant de leur volonté et qu'ils auraient bien aimé être avec toi...Et si ça se trouve, ils t'ont même appelée pour te le redire après t'avoir ramenée et tu étais sous la douche.
Je me penche pour attraper le téléphone. 6 appels en absence : 23h44, 23h56, 23h58, 0h00, 0h04, 0h09.Aïen. Je souris. Maman me prend le menton entre ses doigts.
- Tu vois ! Qu'est-ce que je te disais ! Allez, ne pense plus à ça...La prochaine fois que tu les verras, tout ira mieux.
Elle pose un bisou sur mon front, me souhaite une bonne nuit et sort de la chambre en fermant la porte. Une intense fatigue s'empare de moi. Je ne veux plus y repenser. Pas aujourd'hui. Je me glisse sous la couette. Regarde à nouveau le téléphone. 1 appel en absence : 0h21. Aïen. Je souris, éteins le portable et sombre doucement dans le sommeil...
Un peu déçu, je médite. Je suis encore tombé sur le répondeur. Mais j'ai laissé un message cette fois-ci. Je ne sais pas combien de fois je l'ai appelée. Après son départ, nous avons longtemps discuté avec les garçons. Nous avons poussé Anto sous la douche froide. Il a hurlé comme un pestiféré, en nous menaçant de nous mordre si nous n'arrêtions pas immédiatement. Il a poussé un cri lorsque, Matt et Krys sortis, je l'ai enfermé dans la douche et, tout en redescendant, ai fait coulé de l'eau chaude. Il est finalement ressorti de la douche, juste le temps de se déshabiller et de nous crier qu'il se vengerait, avant de reprendre une vraie douche qu'il jugeait utile. Matt et Krys étaient dans la cuisine autour d'un verre dont le contenu me semblait douteux. Et Krys essayait despéremment d'étrangler Matt.
- Tu fais boire tes cadets maintenant, Matt ?
- Je le fais pas boire !!! me lance Krys. Il a cru que, parce qu'il était dans MON corps, il pouvait faire ce qu'il voulait, qu'il avait pas besoin d'être majeur !!
- C'est pas vrai ! hurle “Matt”. C'est moi Matt, le vrai, l'unique !
- Krys !!! fais-je en riant. Retourne dans ton corps d'ado pré-pubère qu'on sorte un peu !!!
- Je ne suis PAS pré-pubère !!! lance “Matt”.
- Oh que si !! réplique alors “Krys”.
Krys, de retour dans son corps, tire la langue à Matt, prend rapidement le verre sur le bar et le vide d'un trait avant de courir se réfugier dans sa chambre, poursuivi par Matt qui lui ordonne en vain de revenir régler ses comptes. Je ris toujours. C'est vrai que pouvoir changer de corps dès qu'on le veut ne doit pas être si désagréable...Un moyen comme un autre de piéger les bombonnes...
Je monte dans ma chambre. Je me demande si Julia est bien rentrée. Je l'appelle plusieurs fois sans succès. Il est déjà 0h20, je réessaye une dernière fois. Le répondeur.
- Julia, c'est moi, Aïen...Je voulais te dire que...Je suis vraiment désolé de ne pas t'avoir prévenue plus tôt, mais je me suis dit que tu avais déjà beaucoup appris en peu de temps alors...Mais sache que je comptais quand même t'en parler cette semaine. Enfin, la semaine qui vient. Je me comprends. J'espère que tu ne m'en veux pas, ni aux autres. C'est vrai qu'Antony n'est pas toujours très doué dans la partie “annoncer délicatement quelque chose”...Donc, voilà. Passe une bonne nuit si tu as ce message avant de t'endormir. Sinon, une bonne journée. J'espère qu'on se verra lundi dans le bus...Bye...
On toque à la porte. Anto passe la tête dans l'entrebâillement.
- On y va ?
J'acquiesce. Et nous partons vers la ville.
"Mais non, c'est les vacances, ils vont oublier,
de toutes façons t'en demande trop..."
Bam, republication !
Donc voilà, cette fois-ci j'en demande...mmmh... 20-21 !
Vous me prenez de court !!!
Je publie en gruge alors dites pas que je suis allée sur le net
sinon y aura plus de publi au mois de juillet lol
merci, merci de me suivre et de continuer à vivre l'histoire !!!
pour ceux qui suivent emy...peut-être, peut-être pas...
je ne suis pas sûre, mais si vous me demandez de continuer, j'essayerais ^^
encore merci à tous et...bientôt le chapitre 20
(j'me comprends lol, pas d'indice)
@+ M.A.



