__________________________________Chapitre 48_____________________________ ______ Et nous partons, allez, viens... ________Raphaël

__________________________________Chapitre 48_____________________________ ______ Et nous partons, allez, viens... ________Raphaël


[Anto]


Je sors de ma chambre et me rends au salon. Matt est déjà parti chercher de “qui” se nourrir, Aïen est toujours avec Julia. La télé est éteinte, seul un disque tourne en musique de fond. Juste du piano. Krys est allongé sur le côté, sur le canapé, les yeux fermés. N'importe qui serait passé l'aurait cru endormi comme un bébé. Mais je le connais trop bien pour savoir qu'il est juste envoûté par les notes du piano et qu'il est simplement très attentif. Pas endormi. Je me pose sans bruit sur un des accoudoirs du canapé, près de sa tête. Il reste immobile. Ce n'est que moi.
- Tu dors ? demandé-je tout bas.
- Hmm...
J'observe ses traits, paisibles. Il est parfaitement détendu. Une vraie chiffe molle. Le soleil qui se couche reflète ses derniers rayons sur lui, à travers la fenêtre...Petit frère. D'aussi loin que l'on se connaisse, je l'ai toujours vu comme mon petit frère, celui que je n'ai jamais eu. Il sait que, même si je le charrie à longueur de temps, même si je me fous de sa gueule comme si c'était la chose la plus amusante sur terre... En réalité, nous sommes deux frères de sang, mais frères par l'âme depuis beaucoup plus de temps. Et les épreuves que nous avons dû traverser, tous les quatre, nous ont rendus encore plus soudés. S'il arrivait quoi que ce soit à l'un de nous, les autres le vengeraient à coup sûr.
- Petit frère...chuchotais-je pour moi-même.
J'ébouriffais d'une main ses cheveux. Il fronça les sourcils et protégea sa tête à deux mains. Je ris et me laissais tomber sur le côté, sur lui. Il me repoussa vivement, ouvrant les yeux pour me fusiller du regard.
- Putain Anto, t'es pas marrant !!
Je ris encore plus, m'attelais à lui faire des chatouilles. Il n'y résista pas et se défendit comme un lion. La musique n'avait plus trop d'importance et on se coursait dans la maison, lui armé d'un coussin, moi de mes doigts qui s'agitaient comme s'ils chatouillaient des côtes invisibles. Epuisé et résigné, il finit par s'écrouler sur le canapé de la salle de détente, le visage enfoncé dans un coussin, tournant délibérément le dos au reste du monde.
- Krys...Y a un truc que je voulais te montrer.
- Naaaaaan !!!!!
Je le frappe à la tête avec le coussin.
- Si ! Debout, chiffe molle !! Debout !!
Il se retourne et attrape le coussin d'une main, si vite que j'en reste bouche bée. Il me regarde méchamment.
- Je ne suis PAS une chiffe molle.
Il soupire.
- C'est quoi, ce que tu veux me montrer ?
Je lui adresse un grand sourire mystérieux. Je sors de ma poche une paire de clé et lui tends.
- L'avenue de l'autre côté du parc, près de la discothèque « L'Eucalyptus ». Troisième bâtiment à gauche, premier étage, la porte du fond.
Il me regarde en haussant les sourcils, méfiant.
- Et ?
Je lui mets les clés dans la main.
- Tu verras bien si tu y passes.
- En quel honneur ?
- Eh bien...Disons que j'ai pensé que ça pourrait t'intéresser avant que l'endroit ne brûle par accident. C'est aussi en quelques sortes un remerciement pour le coup de main de la dernière fois.
- Ah.
Non, mais je ne suis pas bête au point de gâcher la surprise ! Il me fixe toujours, cherchant à percer mes défenses. Si seulement tu avais appris à lire dans les pensées mon p'tit Krys ! Je me relève, lui tends la main.
- Les autres nous attendent.
Il m'ignore royalement et se lève, sort de la pièce. Je lâche un soupir en secouant la tête. Chiffe molle et tête de mule en plus...Mais qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire de lui !?!

[M]


Quatre verres trônent en maître à notre table. Antony boit distraitement sa vodka en reluquant sans gêne les jeunes femmes sur la piste. Krys revient chercher sa boisson avant de se tourner à nouveau vers un jeune homme, étudiant bien rangé rien qu'à sa tenue – qui irait en boîte en costard-cravate ? – avec lequel il conversait. Aïen est parti on ne sait où, sûrement en finir avec la petite jeune de toute à l'heure. Il a raccompagné Julia chez elle avant de nous rejoindre en ville. Nous avons traîné tous ensemble, Aïen nous a brièvement expliqué ce qu'il avait rêvé ou vécu. Puis, vers le coup de 23 heures, nous nous sommes tous rendus à L'eucalyptus. Il est bientôt minuit, et je dois dire que je m'ennuie à un point inimaginable. Je n'ai plus trop faim, alors j'occupe mon temps. Antony repose son verre sur la table. Il a repéré un couple sur la piste, la femme vient de se diriger seule vers le bar. Si j'avais été Julia, ce que je ne suis pas, je l'aurais sûrement traité d'idiot et autres noms d'oiseaux auxquels il aurait souri. Mais je sais que pour lui, s'il a l'occasion, autant faire d'une pierre deux coups. Il va charmer la jeune femme, à renforts d'illusions s'il le faut, et il ne manquera de s'attirer les foudres du petit copain. La jeune femme restera à la fois horrifiée et désolée et ne saura quel parti prendre. Les deux hommes iront se battre dehors, loin de la vue de tous et, sous couvert d'images, Antony videra l'homme. La femme, elle, ne verra qu'un homme à terre. Son ex-petit copain. Et elle s'excusera auprès d'Antony, l'invitera chez lui. Il fera semblant d'hésiter mais acceptera finalement après les supplications de la jeune femme. Et la jeune femme, aussi charmante qu'elle soit, ne finira pas la nuit. Je soupire. Il en a des idées de réserve ce petit ! Une femme d'une vingtaine d'années vient s'asseoir près de moi.
- Bonjour ! Je te dérange ?
La musique est forte, elle doit lever la voix pour se faire entendre. Je lui souris.
- Pas du tout !
J'avais justement un petit creux.
- Comment tu t'appelles ?
- Amélie. Et toi ?
- Matt.
- Enchantée.
- Tu veux boire quelque chose ?
- Pourquoi pas !
C'est si facile parfois...

[K]


Je me redresse, porte ma main à la nuque. Je jette un coup d'½il aux alentours. Personne. Je me permets de passer par les toilettes, histoire d'enlever les traces rouges traîtresses. Merde, j'en ai dans les cheveux. Je passe un peu d'eau et sors. Je contemple une dernière fois les dernières parcelles de cadavre en train de brûler et tourne le dos à la scène. J'intercepte les pensées d'un groupe de personnes se rapprochant. Des humains, naturellement. Ils viennent éteindre l'incendie qui s'est déclaré. Des pompiers donc. Pfff, quel métier. Chargés d'éteindre les bêtises des autres. Mais je respecte leur choix, c'est noble. Et en même temps, ça nous aide énormément : ils n'arrivent jamais avant que le corps ne soit entièrement détruit. Pratique. Je retourne vers l'Eucalyptus. Troisième bâtiment à gauche. Je sors les clés, en insère une au hasard, la porte s'ouvre. Première étage, la porte du fond. Une autre clé, qui elle aussi rentre parfaitement. Je me retrouve dans une salle aux murs beiges, insonorisés. Un parquet qui semble ne jamais se finir. Et au centre, ce pourquoi je suis venu. Imposant, noir, brillant. Presque neuf. Je m'avance prudemment, sentant une bouffée de bonheur m'envahir. Il s'en est souvenu. Nous nous réunissions souvent, enfants. Je prends place sur le petit tabouret et laisse mes mains parcourir les touches. Je lui jouais des morceaux de piano pendant des heures, sans qu'aucun de nous deux ne se lasse. Mais je n'ai pas joué depuis que nous avons changé de vie. Une chanson me revient en tête. Mes doigts glissent sur le piano comme ils l'ont toujours fait. C'est tout simplement divin. Ce que je peux le remercier secrètement en ce moment. Grand frère. C'est magnifique. C'est comme revivre.




Heyyyyyy !!!!! Déjà le 31 Décembre 2008 !!!!
(Vous avez quand même pas cru y échapper, non ?)
Donc BONNE ANNEE, BONNE SANTE, PLEINS DE BONNES CHOSES
ALL THE BEST FOR U ^^
J'ai découvert le vrai sens du mot "patience" (aussi synonyme d'ennui par moments)
ET....j'ai trouvé les partitions de piano de Yiruma $) !!!
J -7 et peut-être même que c'est plus que J -1
(ça c'était pour celle qui me nargue depuis des mois parce qu'elle a déjà
vu le film "Twilight" vingt fois....connasse moi aussi je t'aime)
Donc voilà un chapitre plutôt neutre pour clore 2008 et commencer 2009 :D
J'essayerai de publier de nouveau avant le 15, mais j'en suis déjà
à publier ce que je viens d'écrire...patience !!! ;)
Gros bisous !!! ^^

# Posté le mercredi 31 décembre 2008 10:39

Modifié le vendredi 09 janvier 2009 05:41

__________________________________Chapitre 49_____________________________ ______ Des rumeurs adolescentes disent que je ne suis pas un homme à femmes et rien d'autre qu'un homme à toi. ________BB Brunes

__________________________________Chapitre 49_____________________________ ______ Des rumeurs adolescentes disent que je ne suis pas un homme à femmes et rien d'autre qu'un homme à toi. ________BB Brunes


[Anto]


- Entre, fait comme chez toi.
Je passais mon pouce sur ma lèvre inférieure, tout en poussant la porte. Faire comme chez moi, aucun problème. Comme d'habitude, je ne retire pas mes chaussures, pour donner l'impression que je n'ai pas juste envie de passer du bon temps, orgasmiquement parlant. J'enlève seulement ma veste, que je garde sur le bras. Comme je le pensais, l'appartement est chaleureux. Une majorité de tons rouges et orangés. Je peux même prédire la couleur bordeaux des draps et des oreillers, avec de fines brodures en or. Mais on n'y est pas encore...J'ai appris avec le temps à décrypter les gestes, les attitudes, à me contrôler moi-même pour amener ceux que je désire là où je veux. Sans un geste déplacé, sérénité apparente, maladresse hasardeuse, parfois même larmes sans sentiments. Ce qui ne veut pas dire que je suis sans c½ur. J'ai appris à lire l'âme de ceux qui m'entourent jusqu'en saisir les moindres détails cachés...Nadine passe devant moi et s'arrête brusquement, les mains sur les hanches, un petit sourire aux lèvres, secouant négligemment la tête.
- Rhaaaaa, ne reste pas comme ça, mets-toi à l'aise je t'ai dit ! fait-elle en se saisissant de mon manteau. Et enlève-moi ces chaussures ! Tu veux boire quelque chose ? demande-t-elle en retournant vers le salon. Du Rhum ?
- Pourquoi pas...
Je la suis. Si elle pense m'avoir avec l'alcool...Une simple boisson si révélatrice de l'état d'âme de celui qui la propose. Tequila, envie de faire la fête, d'oublier les règles et les limites. Pastis, envie d'évasion, de laisser son esprit voyager tout en restant là où l'on est. Bière, besoin de tendresse et d'attention...Etrange, n'est-ce pas ?...Et ainsi, Nadine a envie de renouveau. Je m'assieds confortablement dans le fauteuil au pardessus ocre. La jeune femme revient avec deux verres et un bol contenant des glaçons.
- Tu peux sortir la bouteille, s'il te plaît ? Elle est dans le coffre à côté de toi.
Je m'exécute et, avant même que j'aie commencé à servir, elle me prend la bouteille des mains malicieusement et verse une bonne quantité du liquide marbré dans nos verres. Elle recueille avec le pouce la goutte sur le point de tomber du goulot et la pose sur ses lèvres en me fixant avec un sourire. Je lui rends en prenant un des verres. Elle lâche deux glaçons dans mon verre, puis dans le sien, avant de s'installer plus confortablement dans le canapé. Allongée à moitié, sur le côté, un bras négligemment posé sur le coussin, les jambes légèrement repliées et les pieds nus, elle boit lentement une gorgée de boisson. Je fais de même tout en observant chaque courbe de son corps. Délicieuse...
- Je sais ce que tu cherches... fait-elle après un moment.
Je fais mine de ne pas comprendre.
- Pardon ?
- Ne fais pas l'innocent. Tous tes gestes te trahissent, tu manipules les gens et le présent. Tu fais semblant de t'étonner alors que tu sais parfaitement ce qui se passe... Ta tranquillité apparente, ta confiance des fois si orgueilleuse... Tu dois avoir l'habitude... n'est-ce pas ? finit-elle avec un sourire en faisant tourner son verre dans sa main.
- Eh bien... Un petit peu oui.
- Ce genre de chose, ce n'est jamais un peu ! réplique-t-elle en riant. Mais je respecte ça, c'est ton choix !... J'aime bien ton caractère et... ta façon d'être. Tu es différent des autres.
- Merci.
- Et tu peux en être fier ! s'exclama-t-elle en m'adressant un clin d'½il. Il y a peu de gens dont la personnalité m'intéresse vraiment...
Elle garde le silence quelques instants et éclate soudainement de rire.
- Ne fais pas cette tête parce que je t'ai démasqué ! Ca n'enlève rien au jeu... continue-t-elle d'un air mystérieux.
- Hum je vois... réponds-je d'un ton qui se veut charmeur. Et tu laisses souvent des hommes rentrer ainsi chez toi ?
- Jamais, fait-elle, catégorique. Tu es le premier...même si tu es bien jeune !...
- L'âge n'a pas d'importance.
- Les mots qui délectent les femmes... Petit expert !...
Mais en réalité, c'est vrai. L'âge m'importe peu. Enfin jusqu'à un certain point. Nous continuons à discuter agréablement. Je m'arrange pour dévier la conversation sur elle : sa vie, sa famille, ses amis, son boulot (journaliste de mode), ses loisirs, ses amours déçus... pendant près de deux heures. Elle s'est étalée sur le canapé, je me suis encore plus détendu. Décidément. Comme chez moi. Elle a fini par revenir sur moi sans que je m'y attende...
- Mais toi... Tu ne vas pas me dire que tu ne fais qu'enchaîner les coups d'un soir. Tu as sûrement quelqu'un qui fait battre ton c½ur de lover ?
Je ne réponds pas. Elle s'installe près de moi et relève mon menton d'une main. Merveilleuse créature qui chercher à percer mes défenses.
- On est seuls, me souffle-t-elle alors. Je ne dirais rien.
- ...Peut-être.
Je la regarde quelques instants avant de poser mes lèvres sur les siennes.
- Toi, lâché-je dans un souffle, avant de happer à nouveau sa bouche.
D'abord surprise, elle ne résiste pas longtemps. Elle se lève avec un sourire, empile les deux verres dans le bol et prends ce dernier dans une main. Son autre main passe sur le haut de mon dos, comme une caresse. Elle ne résistera plus, je le sais. Je me lève et me rends à la cuisine, légèrement enjoué par les trois verres pleins de rhum-coca. A moi de jouer. Elle est de dos, près de l'évier, et tente de faire passer l'alcool à renfort de verres d'eau. Je passe mes bras autour de sa taille, enfouis mon visage dans sa chevelure brune et bouclée, à moitié échappée d'un chignon vite fait. Attentive, soudain. Elle repose doucement son verre d'une main, tandis que l'autre vient se loger sur ma nuque. Je me serre un peu plus contre son corps, elle penche la tête de l'autre côté. J'esquisse un sourire : tu me provoques, ma belle. Je laisse de vifs baisers sur son cou, ils se rallongent de plus en plus. Sa main libre s'entremêle aux miennes, je la retourne vivement face à moi et happe ses lèvres. Une de ses mains glisse sur mon ventre, sous ma chemise, alors que l'autre s'accroche au plan de travail. J'avance, la faisant reculer. Son dos heurte le placard, elle retient un petit rire. Nos souffles se mêlent, nos baisers se font plus pressés. D'une pression habile de la main, elle inverse nos positions, avant de stopper notre échange. Elle s'enfuit en riant vers le salon, puis dans le couloir de l'entrée. Je la rattrape à hauteur de la porte, entourant sa taille d'un bras, et l'attire contre moi, avant de murmurer à son oreille :
- Alors, on cherche à s'échapper ? C'est affligeant !...
Elle met fin à mon discours en collant nos bouches avides. Bloquée contre le mur, elle défait les boutons de ma chemise, du bas vers le haut, tandis que, les mains bien calées sur ses fesses, je rapproche sans cesse nos bassins. Elle caresse mon torse du bout des doigts. Je retire son haut de manière experte, ma chemise tombe à terre. Enlacés dans un baiser reflétant notre désir, nos pas nous portent à sa chambre. Elle me pousse dos contre la porte et, tout en embrassant ma gorge et mon torse, défait énergiquement ma ceinture et baisse mon pantalon. Elle accroche ses bras à mon cou pendant que j'aspire à pleine bouche la peau de son cou et de sa poitrine encore à moitié couverte. Elle m'attire à elle en reculant, bute contre le dossier d'un fauteuil. J'en profite pour déboutonner son jean et l'enlever. Elle essaye à nouveau d'échapper à mon emprise, en vain. Je caresse son ventre alors qu'elle mordille doucement ma lèvre inférieure. Elle fait pression sur mon corps et me pousse vers le lit. Elle retombe sur moi, ses cheveux bruns bouclés glissent sur mon visage. J'en profite pour dégrafer son soutien-gorge, qui retombe mollement sur moi. Elle retire un bras, puis l'autre et, sans crier garde, j'inverse nos positions, retenant de mes mains ses bras contre le drap bordeaux brodé d'or. Mon visage près du sien, nos souffles chauds se mélangent. Je plonge quelques instants mon regard dans ses yeux verts en amande, brillants de désir, avant de poser mes lèvres sur son ventre...
Je rajuste le col de ma chemise et jette un dernier regard à mon reflet. D'un geste de la main, je remets mes cheveux en place et essuie le filet de sang qui s'échappe enfin de la commissure de mes lèvres. Je contemple le corps de celle qui fut mon aînée de dix ans. La couleur des draps se fond avec celle des tâches près de sa côte. Je m'allonge doucement près du corps de Nadine. Je caresse son visage doucement et pose un ultime baiser sur ses lèvres bleuies.
- Ton seul défaut était peut-être d'être trop mortelle...
Je passe ma main sur son flanc gauche, referme les incisions laissées par mes soins. Je remonte le drap, couvrant son corps et son visage. Je prends le linceul entre les bras et sors de l'appartement. Je ferme à clé et nous entoure d'une illusion : mon pauvre chien s'est foulé la patte, il faut bien que je le porte ! Je marche d'un pas aussi rapide que possible. On a beau dire, un corps d'adulte, même mort, c'est lourd ! Et en plus, le mien est froid. J'arrive à un bâtiment lugubre, tape le code d'entrée, cadeau d'une ancienne réserve. Je dépose le corps sur une plaque en bois, sur une sorte de tapis roulant. Je regarde ma montre : 5h21. C'est peut-être un peu tôt, mais qu'importe. J'appuie sur le bouton rouge et actionne le levier. La machine s'ébroue et je sens déjà la chaleur envahir la pièce. Le tapis se met en marche. J'observe le corps disparaître derrière la plaque de métal. Je recueille le pot empli de la poudre grisâtre et ressors. Je lance le contenu dans la brise qui parcourt la ville. Première incinération de la journée. Il est encore tôt, mais ma tête doit se reposer. Moi l'insouciant, je me pose trop de questions. J'observe une dernière fois les cendres tourbillonner dans la ville. Je n'ai pas mal à la tête, je ne sens même plus les effets de mon dernier verre, il y a plus de deux heures. Ca a des avantages de ne pas être humain, pas vraiment...Je rentre, salue les autres, étonnés, d'un signe de la main et monte me coucher. Quelle soirée !...



Si ça, c'est pas un live de fou !!!! Aaaaah :D
Bon, passé le petit moment
"je-m'extasie-sur-la-musique-et-le-live-que-j'ai-mis-en-lien-pour-le-chapitre-parce-
qu-ils-sont-tout-simplement-excellents-et-c-est-trop-des-malades-de-la-vie" xD
j'espère que vous avez bien aimé ce chapitre ! (écrit en philo, c'était marrant)
bon...je vais rien dire parce que j'en connais qui sont aussi dans mon cas, mais...
PUTAIN, J'AI PAS ENVIE DE PASSER LE BAC BLANC !!! JE VAIS ME RE-TA-MER *dead*
bref. Je ne sais pas quand je posterais le prochain chapitre,
parce que déjà, je dois bosser (la première qui me met "il serait temps"...)
et qu'en plus, je dois d'abord l'écrire ;)
(ah oui, je suis un peu privée d'ordi aussi...)
donc voilà !!!! @+ $) [/align
]

# Posté le vendredi 09 janvier 2009 05:55

Modifié le samedi 10 janvier 2009 12:45

__________________________________ Chapitre 50_____________________________ ______ Désolé pour hier soir, d'avoir fini à l'envers, la tête dans l'cul, l'cul dans l'brouillard ________ Tryo

__________________________________ Chapitre 50_____________________________ ______ Désolé pour hier soir, d'avoir fini à l'envers, la tête dans l'cul, l'cul dans l'brouillard ________ Tryo


[M]


Je bâillai bruyamment, à m'en décocher la mâchoire.
- Et bien Matt ! T'as pas dormi cette nuit ?
- Si. Je suis juste ressorti après que tu sois rentré et ça s'est un peu éternisé.
- Ah.
- Et toi ?
Il resta silencieux. Il m'aurait suffi d'une seconde d'inattention de sa part, et j'aurais pu capter ses pensées. Malheureusement, cela ne s'était pas produit depuis longtemps. Depuis quelques mois après que Krys nous ait appris à locker, en fait. Toute son attention s'était échappé tellement il était heureux d'avoir « franchi le pas ». Et nous nous battions constamment pour qu'il se contrôle, qu'il locke, afin de ne pas entendre et recevoir en permanence les images de ses ébats. Aucun de nous n'était jaloux, on en avait juste ras-le-bol. Je ris de ce souvenir. Antony me regarda étrangement.
- Ca va, vieux ?
- Oui, oui !
Je secouais la tête. Le pire, c'est qu'il avait vraiment l'air inquiet. Je le regardai et délockais. Il reçu mes pensées, nos souvenirs, et explosa brusquement de rire. Je le suivis sans hésitation. Il se pencha, se tenant les côtes. Je dus m'appuyer sur le mur pour ne pas tomber, il était à deux doigts de faire de même. Des perles salées naissaient au coin de ses yeux, des miens aussi, alors que nous tâchions de reprendre notre calme. Nous évitions soigneusement le regard de l'autre, qui déclencherait immédiatement une crise de fou rire semblable. Je parvins après quelques instants à le regarder, le sourire aux lèvres.
- Franchement, toi, des fois...fis-je en secouant la tête.
Il me décocha un de ses fameux sourires avant de désigner la route du menton. J'acquiesçais, un peu penaud. Qu'est-ce qu'il m'avait pris d'accepter de lui louer une moto pour la journée ?...Avec un peu de chance, il se rétamerait assez pour se souvenir du choc, mais sans doute pas assez pour se faire mal. Rhaaa, vampire trop coriace ! Les mains dans les poches, je me traînais vers un destin incertain, derrière Antony, à peu près sûr qu'une deuxième moto viendrait s'ajouter à la première. Mais celle-là, pour moi. Le tintement de la porte d'entrée résonna. C'est parti...

[J]


- Non.
- Si.
- Non !
- Mais si, je te dis !
- Mais...
- Tu t'amuseras, promis ! Et tu pourras même prendre les popcorns !
J'haussai un sourcil. Il râla.
- Bon, d'accord, je te les prendrais. Mais viens, allez !
- Non, je ne veux pas aller voir ce film !
- Allez, s'il te plaît ! C'est juste une histoire de vampires, ça vaut rien ! Viens avec nous, tu...
- J'aurais la peur de ma vie, le coupai-je, parce que je sais que l'un de vous essayera sûrement de poser ses sales pattes sur moi ou que vous ferez semblant de me mordre pour que je crie !!
Aïen, adossé à l'encadrement de la porte de la cuisine, retint un rire. Krys lui lança un regard furieux et désespéré.
- Et tu peux pas m'aider à la persuader toi ??? C'est toi qu'elle écoutera !
Je croisais les bras et me recalais au fond du fauteuil. Aïen soupira, vint s'accroupir près de moi, une main sur un de mes genoux.
- Antony et Matt ?
- Ils y sont allés pour voir s'il restait des places. Ils ont sûrement dû passer par la boutique de location au passage.
- La boutique de location ? demandais-je intriguée, en prenant mon verre de menthe.
- Moto, lâcha Krys sans grande conviction.
- Bah, au pire, continua Aïen, vous allez voir le film, et je lui ferai le remake. Avec les cascades, les voix et tout, quand Antony me le transmettra. Et elle, elle fera la jouvencelle en détresse.
Je devins rouge comme une pivoine, sous les éclats de rire des deux garçons. Je me ressaisis et lançais un regard assassin à mon petit ami. Je me précipitais sur Aïen, mon verre toujours en main. Krys était plié de rire. Aïen, après avoir lancé deux ou trois « arrête ahaha ! Julia ahahah ! », me poussa contre le canapé, mon verre se renversa.
- Nooon ! T'es pas drôle, c'est pas juste ! J'en ai plein mon t-shirt !
- C'est toi qui as commencé à me chatouiller ! Et puis t'en as mis plein sur le canapé, y en a que sur ton décolleté !
- Mais j'ai pas de décolleté euh !!! fais-je en rougissant de plus belle.
Je pose mon verre. Mon haut n'est pas décolleté ! C'est...bon, un peu quand même, mais...Je me lève et me dirige vers la salle de bain, d'un air faussement rageur. Derrière moi, Krys et Aïen rigolent encore. Pas grave. Je n'ai pas dit mon dernier mot ! Je passe de l'eau sur la partie tâchée de mon t-shirt et l'essuie avec une serviette. Ca ne part pas, je vais devoir me changer...

[K]


Aïen, encore un sourire aux lèvres, nettoie le canapé avec une éponge.
- Dis-moi Krys, tu n'irais pas me chercher la lotion miracle que tu as trouvée chez une de tes fournisseuses ?
- Laquelle ? demandais-je en levant un sourcil.
- Je ne me rappelle pas de son prénom, mais tu n'avais pas du tout aimé son sang ! En fait, tu n'as aimé chez elle que ces produits ménagers miraculeux !
Je ris. C'est vrai. Seules ces lotions m'avaient réellement ravi chez elle. Une maniaque du ménage. C'aurait été dommage de perdre tout ces savoirs...Je me dirige vers ma chambre, un mauvais goût au fond de la gorge. A tous les coups, le souvenir horrible du sang de ma "protégée".

[J]


Absorbée par mes pensées et mes projets de vengeance, je sors de la salle de bain. Krys est dans le couloir. Je ne l'avais pas entendu monter. Il n'a pas l'air bien. Il fait les cent pas dans le couloir, passe devant moi, repasse, la tête entre les mains. Il a l'air de trembler un peu.
- Krys ? Ca va ?
Je m'approche de lui doucement et pose ma main sur son omoplate. Il se retourne brusquement et me regarde. Je distingue dans ses yeux, entièrement noirs, une lueur rougeâtre. Puis, tout va très vite. D'une main, il attrape mes poignets et me pousse contre le mur.
- Krys ! Krys, arrête ! #Arrête, tu ne te contrôle plus !!!# Krys !
Il tourne sa main et me tord le bras. Instinctivement, je me plie en deux. #Krys, arrête ! Arrête, c'est moi, Julia !# Il sourit et, avec son genou, me plaque contre le mur. Je me rends compte de mon erreur : en me baissant, j'ai découvert ma gorge. Et c'est ce qu'il cherchait. Affolée, inlassablement, je répète d'une voix angoissée et suppliante son prénom. #Aïen ! Aïen! Krys n'a rien pris!#. Je pousse un cri lorsque ses crocs se plantent dans ma gorge. Mon sang coule à peine dans sa gorge qu'il est tiré en arrière par Aïen et projeté contre le mur. Krys lui lance un regard noir et se jette sur lui. Aïen me pousse dans une chambre et me crie :
- Locke !!!
La porte se referme brusquement derrière moi et se verrouille. Je prends le premier chiffon qui me tombe sous la main et l'appuie précipitamment sur l'endroit où Krys m'a mordue, le temps de trouver le point de compression adéquat. Le doigt sur la gorge, je me concentre et locke mes pensées. Je m'écroule contre le mur. Une horrible douleur provient de ma plaie, j'ai une soudaine envie de vomir et ma tête menace d'exploser. Je sais que c'est Krys. Il essaye de prendre ma place, sûrement pour ouvrir la porte.
Recroquevillée, dos contre les placards au sol, je souffre et écoute.
- Krys ! Arrête ! Calme-toi bordel !
Une claque, des coups contre les murs, un cri...puis plus rien. Je relève la tête, m'attendant à trouver Krys près de moi à tout instant. Le silence. Juste le silence comme compagnie.
Je me remets debout doucement, en gardant bien mon doigt sur le point de compression. Le chiffon entièrement maculé de sang glisse de mes genoux et tombe à terre. Je me dirige lentement vers la porte, la peur au ventre. Je n'ai plus mal à la tête, ni à ma plaie, mais cette envie de vomir subsiste. Je pose une main sur la poignée, délocke. #Aïen, ouvre-moi...# Pas de réponse. Je me tourne vers la chambre et vois la clé sur la table de chevet. Je l'introduis dans la serrure et inspire un grand coup avant de la tourner.




Pour ceux qui passent, je viens juste de récupérer l'ordi alors je vais essayer:
- de récupérer mes fichiers détruits
- d'écrire sur word la suite de VR
- de la publier avant samedi prochain (j'essaye hein !)

Des avis assez partagés sur le chapitre, j'espère que le prochain vous plaira + ^^
@+ et merci de continuer à suivre malgré l'attente

(eh ouais, c'est ça de lire en direct xD )


*

Et voilà ! Comme promis, je publie !
CHAPITRE 50 !!! (déjà !!!)
Bon, c'est vrai que je doute un peu de cette suite (sadique gniark gniark)
donc j'aurais aimé avoir vos avis ^^
je ne sais pas quand je publierais la suite (blocage ? mmmh...) désolée !
j'espère que tout se passe pour le mieux dans vos ptites vies (lol)
eeeeeeeeeet.............................je sais plus quoi dire xD
à la prochaine !!

# Posté le lundi 19 janvier 2009 13:33

Modifié le jeudi 22 janvier 2009 12:43

__________________________________ Chapitre 51_____________________________ ______ Sois heureux un instant. Cet instant c'est ta vie. ________ Omar Khayyâm

__________________________________ Chapitre 51_____________________________ ______ Sois heureux un instant. Cet instant c'est ta vie. ________ Omar Khayyâm

[J]


Je m'avance d'un pas et pousse un cri en me reculant brusquement contre le cadre de la porte. Devant moi, au sol, sur les murs, et même au plafond, des traînées de sang. Les mains sur la bouche, je commence à trembler. Je tourne la tête.
Affalé contre le mur, de mon côté, Aïen a les yeux fermés, il reprend son souffle, en appuyant sur sa gorge. En face de lui, contre l'autre mur, assis maladroitement, se tient Krys. Il semble déboussolé, garde la bouche ouverte. D'un revers de manche, il essuie le sang qui coule encore de ses lèvres. Ses yeux bleus croisent les miens.

[K]


Elle me regarde, choquée et effrayée. « Non. Je ne peux pas le croire. Qu'est-ce que tu as fait ? Qu'est-ce que tu as fait ? » me demandent ses yeux. Je regarde Aïen, se concentrant pour guérir un peu sa plaie. Sa plaie. Celle que je lui ai faite. Je l'ai mordu. Et j'ai bu son sang, comme je l'aurai fait avec un humain. A lui, mon frère de sang...Je prends ma tête entre mes mains, je ne peux supporter davantage leurs regards accusateurs. Il émet un faible gémissement et enlève sa main. Il n'a plus de plaie. Normal, il est comme moi. Un vampire. Avec un stock de sang interne qui se renouvelle autant de fois qu'il a vidé de gorges. Je me lève péniblement, les yeux baissés. Je chancelle. Je relève la tête. Elle est collée contre le mur. Sa gorge saigne. Mais je sais que je ne pourrais pas l'approcher pour tenter de la guérir. Trop de peur. Trop d'inquiétude. Tout ce qui m'attirait chez mes victimes m'angoisse chez elle. Je tourne mon regard, désolé, vers Aïen. Je lis de la ranc½ur dans ses yeux.
- 'tin. T'as de la chance qu'on soit du même camp, Krys, sinon tu serais déjà sec...
Je baisse la tête. #Julia a besoin d'aide#. Puis je m'enfuis en courant vers l'escalier.

[Aïen]


Je tends la main. Julia se rapproche, me prend la main et s'agenouille près de moi. Sa gorge saigne. Elle a oublié. Du moins, elle ne fait rien pour atténuer le saignement.
- Ca va ? me demande-t-elle l'air inquiet.
- Viens là. Ferme les yeux, lui ordonné-je.
Elle s'exécute. Je pose mon autre main sur son cou et la regarde. Les yeux fermés, elle serre ma main, se mord la lèvre. Elle sursaute et pousse un faible gémissement. J'enlève ma main, elle ouvre les yeux : la morsure s'est refermée.
- Merci, souffle-t-elle en posant un baiser sur ma joue.
Elle me regarde. Je lui souris. Elle est toujours lockée.
- Il...il t'a...?
- Oui.
- Et...bu...
- Oui.
- Mais...pourquoi tu...?
- Je suis un vampire. Réserve de sang illimitée. Si je perds du sang, il est reproduit à égale quantité. Une des raisons pour lesquelles nous, vampires, ne pouvons pas mourir si facilement. Et puis, de toute façon, s'il avait continué jusqu'au bout, il se serait tué en même temps. Frères de sang. Ca évite que les emmerdes aillent trop loin...!
Elle sourit. Enfin. Je sentais qu'elle avait encore peur. Après tout, c'était compréhensible. Après avoir récupéré, je me levais et lui pris la main. Elle alla changer son haut, mouillé et tâché de sang, et je l'entraînais vers le salon.

[Anto]


Je pars dans un grand rire et donne un grand coup d'accélérateur. Derrière moi, Matt s'époumone. Il veut que je ralentisse ! # Alors coco, on a peur de la vitesse ?#, me moqué-je. #Arrête ça tout de suite, tu es complètement irresponsable ! ANTONYYY !!!!!#. Je freine dans un bruit de crissement de pneus. Il monte la côte pour me rejoindre. Derrière nous, la ville, les toits gris, les nuages et tout ce qui va avec. Devant, le ciel bleu, les parcelles inégales de forêt, teintées du jaune des mimosas encore en fleur, et la route, sinueuse et attirante. Je respire à pleins poumons l'air ambiant, l'odeur de l'essence et le parfum floral de la nature. Furieux, Matt s'arrête près de moi et me tends ostensiblement un casque. Les pieds à terre de chaque côté de l'engin, les mains sur les cuisses, je lui offre mon plus beau sourire.
- Voyons, Matt... T'es pas sérieux ?!
- Je ne l'ai jamais autant été, alors mets ce casque et dépêches-toi !
- Et si je ne veux pas ?
- Antony, tu obéis pour une fois ! C'est dangereux et...
- Matt, matt, matt... le coupé-je en soupirant. Dois-je te rappeler que nous ne pouvons PAS mourir d'un stupide accident de moto ?
- A moi, non. Mais vas expliquer ça à ceux que tu croiseras et qui feront comme toi.
- Pas ma faute s'ils sont stupides.
- Pas la leur si tu es idiot et prétentieux.
Je hausse un sourcil. Il veut jouer à ça ?
- Bien ! Garde le casque, tu en auras plus besoin que moi.
- J'en ai déjà un.
- Parfait ! m'exclamé-je en faisant rugir le moteur. Alors on se retrouve en bas !
Le bolide s'élance sur la pente avec un rugissement de plaisir. Le vent frais me fouette le visage, je me laisse envahir par cette sensation de liberté. Je SUIS cette chose qui glisse sur l'asphalte chaud, de plus en plus vite, de plus en plus loin. Ma main ne lâche pas une seconde l'accélérateur, les aiguilles défilent sur le cadran à une vitesse effarante. Cent dix. Cent cinquante. Cent quatre-vingt. Deux-cent. La piste qui s'offre à moi semble ne jamais se finir. Un virage, manqué de justesse. Mes vêtements sont gonflés par l'air sous pression qui s'y engouffre. J'aperçois le passage, l'endroit auquel je voulais absolument aller. Une parcelle de route traversée par le ruisseau. Deux-cent dix. Je crois que j'ai semé ma nounou attitrée !! J'inspire profondément, le moteur rugit comme un diable sous moi. Avec un cri de joie, je force encore l'accélérateur, une dernière fois, pour me propulser le plus loin possible. Le vacarme du bolide dans les arbres. Plus un signe de vie dans la petite forêt. Seul. La route. La vitesse. Le ruisseau. Une explosion de fraîcheur lorsque l'eau m'attend brusquement le visage, le corps. Je jubile intérieurement, un sourire malicieux collé au visage. Puis... un crissement.

...Des sourires. Des visages familiers.
- Dis : papa. Pa-pa.
- Maman !!!

...Des rires.
- Bravo ! Bravo ! 7 ans, c'est grand !
- Krys, tiens ! Ton cadeau !

...Une accolade, plus que franche.
- Félicitations mon fils. Je suis fier de toi.
... Des arbres, une forêt sombre.
- Et comment tu t'appelles ?
- Aïen. Et toi ?
- Antony. Et ça c'est Krys.
- D'accord. Il fait pas un peu noir ?
- Mais non. De toute façon, on est ensemble. Il peut rien nous arriver !
- Amis ?
- Amis ! Toujours !

...Un froid immense à l'intérieur. Une pièce à peine éclairée. Une face machiavélique, démoniaque.
- Antony, c'est ça ? Antony, je vais te faire un cadeau, juste avant que tu ne t'endormes.
...Une fureur incontrôlable. Des bras qui enserrent, qui étouffent.
- Antony, contrôle-toi ! Tu ne peux pas faire ça ! Pas elle ! Pas Sarah !
...Des cheveux marron irisés. Des yeux verts en amande. Une mine gênée.
- Désolée, je ne savais pas que quelqu'un voulait la place...
...Un verre. Un autre. Une bouteille. Une autre. Krys.
- Mais ne t'en fais pas, ça n'a rien de personnel. Je te JURE que je ne l'aime pas. C'est juste que je n'ai pas envie de lui sucer le sang aujourd'hui...
...Des mines réjouies, amicales. Des rires.
- Joyeux anniversaire !
- 18 ans, ça se fête !
...Un sourire victorieux et charmeur. Des gestes à peine voilés. Des yeux qui luisent de désir.
- Ta tranquillité apparente, ta confiance des fois si orgueilleuse... Tu dois avoir l'habitude... n'est-ce pas ?
...Un pari stupide. Gagné. Des pensées furieuses dont je m'amuse. #Arrête ça tout de suite, tu es complètement irresponsable ! ANTONYYY !!!!!#.


L'engin tombe brutalement contre terre, coinçant ma jambe gauche. Bruits de ferrailles insupportables. Douleurs atroces à la jambe, aux bras. La moto tourne sur elle-même. Ejecté, je fais de même. Le goudron, les pierres sur mon corps, mon visage. Un coup brutal, un arrêt vif. Douleur encore au dos, partout. Allongé, inerte, contre l'arbre. Silence... Explosion. Incendie. A quelques mètres. Inertie, souffrance. Physique, morale. Entière. On dit que lorsqu'on meurt, on voit toute sa vie défiler devant soi... Mais alors, quoi, si jamais on ne mourra ?
Des voix.
- Antony ! Antony, bordel, réponds-moi !
Des murmures à travers le voile épais et noir. Des bras, tendres étrangement, forts. Une impression de flotter. Une brûlure intacte, vive, qui ronge la peau partout où elle peut. Un souffle irrégulier. Des battements de c½ur. Des murmures. Loin. Contact avec le sol, doucement. Un cri de souffrance. Atroce. Le mien ? Des mains fraîches. Un liquide glacé, sur ma peau brûlante, dans mes veines incendiées. Un cri. Une main sur ma bouche, pour l'étouffer. Un murmure, à peine audible.
- Désolé.
Cette voix. Le liquide encore qui me perce la peau. Une douleur fulgurante, soudaine à la jambe. La main sur la bouche plus forte. Une autre main qui me retient à terre. Un souffle retenu.
- J'aurais dû...j'aurais dû...
Une autre douleur, aux bras. Mes membres déchiquetés et vifs, liés par la douleur, tentent de se libérer. La douleur s'estompe. Calme. Chut.
- Je suis là...
Mains fraîches sur le visage.
- NON !!!
- Désolé.
Murmure. Douleur. Acide. Mon visage est incendié, brûlé, dévoré par l'acide, rongé. Détruit. La main plus forte, encore, sur ma bouche. Le souffle me manque. Ta main. Ta main ! Chaleur, immense, intense. Chaleur...ou...bien...

[M]


Je jette un ½il dans le rétroviseur, me mords la lèvre. Il est allongé sur la banquette arrière. Sous visage est calme. Mais je sais qu'il a beaucoup souffert. Autant de sa chute, que des soins que j'ai dû lui faire. Il criait. Et j'ai dû lui offrir mon meilleur anesthésiant : l'inconscience... Je m'en veux. J'aurais dû insister pour qu'il mette ce fichu casque. Expliquer pourquoi la moto ne reviendra pas au gérant, mentir aux quelques passants sur l'état du blessé, à côté ce n'est rien. Je reste les yeux rivés sur la route. Passer à l'hôpital ? Non. Et puis, les blessures sont guéries. Il faudra juste vérifier...qu'il suive un traitement. De la rééducation. Et plus de moto ou d'engin qui dépasse les 60 km/h pendant au moins 10 ans. Il gémit. Je l'observe dans le rétroviseur, étendu de tout son long, mais guéri. Oui guéri. Je dois aller voir les autres. Le cadran reste à 40.


alors...
"Ho choquée pour quoi ?
parce que tu as ete sur ton sky ajd et tu n'as me^me pas mis de suite!!!
j'aurais HONTE si j't a ta place !!"

c'est pas MA faute, je me suis fait agressée sur msn par tout le monde,
et en plus, j'ai mes épreuves en ce moment et je suis en train de tout foirer !
bref, j'ai fini ce chapitre il y a deux jours à peine, je ne suis pas sûre de l'effet qu'il va donner...
et puis aussi, vous êtes pas venus demander la suite, julia, RAF !
Donc, je poste juste, j'essayerais d'être plus rapide à l'avenir,
mais l'inspiration, c'est pas sur commande ! voilà !
hope everybody'll enjoy his holidays ^^
bye !

950'

# Posté le lundi 09 février 2009 08:14

Modifié le lundi 20 avril 2009 08:17

...

...
Chose promise(...), chose due,
£ll£ a mis le 1000ème com !!
T'es géniale, je t'adore, merci de me suivre avec ton enthousiasme com'municatif ^^
J'espère bien qu'on se croisera vite !!

1000, avec 3 zéros !! Merci à ceux/celles qui me suivent depuis le début
et aux nouveaux venus !

# Posté le lundi 23 février 2009 08:00

News

Bonjour !

Petit message à l'intention de ceux qui pourraient encore passer par là :

Comme vous avez sûrement dû le remarquer, le blog est "un peu" à l'abandon. En effet, pour des raisons socio-professionnelles, je n'ai pas tout à fait le temps de continuer l'histoire pour le moment. Mais je compte m'y remettre (peut-être un peu pendant les vacances d'avril, sinon après le bac, c'est-à-dire...en juin ou juillet).

J'ai un peu de mal à faire une transition que je juge correcte entre le passage où je me suis arrêtée et la suite. Mais lorsque je publierai, ce sera plusieurs chapitres d'un coup, du moins je l'espère. Vous êtes prévenus !

Merci à ceux qui ont lu ce message de passer encore, et à ceux qui attendent de rester fidèle à l'histoire...
A bientôt, j'espère

M.A

# Posté le jeudi 09 avril 2009 03:26

_________________________ Chapitre 52__________________________________ ______ Il faut laisser les somnanbules courir sur le bord des fenêtres, _________ ___ nos désirs sont fragiles, et nos coeurs sont des bulles, sur le sommet des villes... ________ Grégory Lemarchal

_________________________ Chapitre 52__________________________________ ______ Il faut laisser les somnanbules courir sur le bord des fenêtres, _________ ___ nos désirs sont fragiles, et nos coeurs sont des bulles, sur le sommet des villes... ________ Grégory Lemarchal
"Promets-moi"
Grégory Lemarchal

(version vidéo texte **)

[Aïen]


Tap tap tap. Silence. Tap tap tap. Je lance un regard énervé à Matt. Bon sang, il ne peut pas arrêter juste cinq secondes de taper contre la table avec son crayon !? #Matt...# L'intéressé relève la tête. Son regard croise le mien. Il souffre. Enormément. Il baisse les yeux honteux, et repose son crayon.
- Désolé, murmure-t-il.
- Ce n'est pas ta faute...
Il ne répond pas. Bien sûr, que ce qui est arrivé à Antony n'est pas de sa faute. Sauf que lui ne l'entend pas de cette oreille.
Ils sont rentrés en voiture. C'est le bruit d'un moteur approchant de la maison, dans ce coin d'habitude si silencieux, qui m'a d'abord interpellé. Je venais de rentrer, après avoir ramené Julia chez elle. Krys, toujours honteux et blanc d'effroi suite à ce qu'il avait osé me faire, était parti faire un tour en ville. Histoire de calmer ses ardeurs. Je suis donc allé voir à la fenêtre ce qui clochait. D'abord soulagé de voir que ce n'était que Matt, je sortis pour le saluer. Puis, l'espace d'une seconde, je restais pétrifié. Matt avait ouvert la porte arrière et ce qui était allongé sur la banquette ne laissait rien présager de bon. De loin, un cadavre, rien de plus banal. Mais c'est la couleur argentée des cheveux de ce corps qui m'avait fait réagir. Je me précipitais à la voiture, près de Matt, et l'aidait à soulever notre petit frère inerte. Il semblait inconscient et vraiment dans un sale état. Pas une blessure, mais une souffrance dans ses traits, une souffrance intérieure. Qu'est-ce qui avait bien pu le mettre dans cet état, et à tel point que Matt doive le rendre inconscient ?... Nous le transportâmes à l'intérieur, pas dans le salon, mais dans la chambre d'amis. Il fallait un lit, et non un canapé, et un endroit où il pourrait se reposer sans être trop loin de nous. La chambre d'amis faisait donc parfaitement l'affaire. Il gémissait. Je haussais un sourcil en regardant Matt. Celui-ci se mordit la lèvre. Coupable ? De quoi ? Nous allongeâmes Antony sur le lit, les volets mi-clos et une petite lumière tamisée allumée. J'allais chercher dans la salle de bains, laissait couler un peu d'eau dans le bol arrivé là presque par hasard, enfin par ma volonté, et y plongeais un gant. Je retournais dans la chambre où était allongé Antony et m'assis près de lui. Matt se tenait un peu à distance, ne cessant de veiller sur l'état du petit frère, et triturant ses mains dans un sens et dans l'autre, interminablement. Je tamponnais le visage d'Antony avec le gant mouillé, son cou, ses bras. J''entrouvrais légèrement la fenêtre. Je passais une main d'un geste maternel sur le front de l'inconscient et sortis à pas feutrés de la pièce. Matt était dans la cuisine, un verre d'eau à la main, posté près de la baie vitrée, laissant son regard errer sur le terrain vague jusqu'à l'horizon. Je savais pertinemment qu'il m'avait entendu entrer. Je m'assis sur l'un des tabourets hauts et attendis. Après plusieurs minutes de silence, il se décida à briser la glace.
- C'est de ma faute, murmura-t-il. J'aurais dû...j'aurais dû lui enfoncer ce casque sur la crâne, de force s'il avait fallu.
Je restais silencieux. Pour le moment, je n'en savais pas assez pour le déclarer coupable de quoi que ce soit, pas même de son silence... Il reprit ses explications, me réexpliqua le pari qu'ils avaient fait, ce qui était en jeu. Comment il avait poursuivi Antony à moto jusqu'en haut de la colline pour lui demander fermement de mettre un casque. Je secouais la tête. Aussi têtu qu'Antony, tu meurs. Il me dit alors que l'adolescent s'était élancé, il me décrivit sa course, l'effarement dans lequel il était de voir et de savoir à quelle vitesse il progressait, sans aucune protection.
- Et puis, il est passé par le passage où il tenait vraiment à aller. Tu vois le petit bois ? Il y a une rivière qui le longe à l'Est... et à un endroit, elle le coupe au niveau de la route. Antony est arrivé à cette hauteur à... je ne sais pas moi... facilement deux-cent kilomètres par heure. Hier soir, il a plu par là-bas et la rivière était encore gonflée de l'eau de pluie. Je l'ai vu se faire éclabousser par l'eau qui volait. Puis son engin a dérapé à tout juste cinq mètres de la rivière. La moto a glissé sur le côté, lui coinçant une jambe. Puis il a été éjecté, il a roulé sur lui-même, la moto aussi. Il s'est cogné en plein contre un arbre, arrêtant sa course. La moto a atterri dans les bois et elle a explosé. Je suis arrivé aussi vite que je pouvais, j'ai jeté ma moto sur le côté avant la rivière et j'ai couru jusqu'à lui. Il était vraiment dans un sale état. J'ai vraiment cru qu'on l'avait perdu. Je l'ai porté à une distance de sécurité raisonnable, j'ai alerté les pompiers pour l'incendie. Je l'ai allongé près de la rivière, de l'autre côté, j'ai passé de l'eau sur ses plaies. Puis j'ai voulu les guérir. Il criait, il voulait que j'arrête, il avait mal. Il avait perdu la notion de tout, la raison aussi. Si tu avais vu...
Son récit fut interrompu par un bruit sourd contre le mur, derrière moi, et une respiration forte, saccadée. Nous nous retournâmes en même temps. Krys se tenait dos au mur, à moitié effondré, le teint blême, tremblant de tout son corps. Je descends précipitamment de mon siège et attrape rapidement Krys par un bras, en même temps que Matt.
- Putain...murmuré-je.
- Où...où est... Antony ? demande Krys d'une voix chevrotante.
- Dans la chambre d'amis.
Krys se ressaisit rapidement et fonce, encore pâle et tremblant, vers la chambre indiquée. Nous le suivons précipitamment, mais la porte claque. Nous restons interdits, avant de retourner au bout de quelques minutes dans le salon. Je m'assois sur le canapé, Matt à la table. Il saisit au passage un crayon sur le buffet, ainsi qu'une feuille et commence à dessiner ce qui lui vient à l'esprit. Dessins très sombres, douloureux.
Voilà maintenant presque trois heures que Krys est enfermé dans la chambre au chevet d'Antony. Je me lève, sous le regard surpris et peiné de Matt. Je frappe à la porte de la chambre d'amis. Pas de réponse. Puis un froissement de draps, un déclic et l'entrée à la pièce m'est autorisé. C'est Krys qui m'ouvre. Il a encore le teint gris, les yeux rouges et des traces de larmes sèches le long des joues. Il est hagard, et menace de s'effondrer à nouveau à tout moment. J'attrape sa tête d'une main ferme et l'amène contre moi. Ces sanglots reprennent, il enfouit son visage contre mon torse, s'agrippe à deux mains à ma chemise, tandis que j'enserre sa tête d'un de mes bras et ses épaules de l'autre.
- Calme-toi...Chut...Doucement...Il n'est pas mort, il n'est pas mort... chuchotais-je tendrement.
Non. Il n'est pas mort. Il ne le pourra jamais. Mais rien que ça suffit à effrayer Krys. Perdre l'être qu'il considère comme le plus cher au monde. Dès le début, dès que je les ai rencontrés, ils étaient extrêmement liés. Comme deux jumeaux qu'on aurait séparés à la naissance. Comme les deux doigts d'une main. Encore plus, et encore aujourd'hui. Liés comme jamais ils ne le seraient avec Matt et moi, liés comme des frères, presque...comme des amants. Une relation quasi-fusionnelle. Ils avaient tellement grandi ensemble, avec et sans nous. Cependant, sous leurs airs d'adulte de temps en temps responsables, se cachaient de vrais c½urs tendres, des gamins délaissés et encore en manque de jeunesse et de joie de vivre. Ils avaient grandi trop vite. Et l'expérience vampirique n'y était pas pour rien. Antony aurait pu mourir pour Krys, et Krys pour Antony. Ils le savaient, se l'étaient montré. Et il faudrait être vraiment cruel et sans c½ur pour vouloir briser ça, ne pas le voir...
Krys releva la tête, j'essuyais ses larmes et chassais ses derniers sanglots. Nous nous rendions au chevet d'Antony. Le drap à côté était froissé. Krys s'assit sur le lit, prit la main de l'endormi entre les siennes. La fenêtre était fermée. Je regardais le visage presque apaisé d'Antony et questionnais Krys.
- Il s'est réveillé ?
- ... Non... Aïen... tu pense que...
- Non, Krys. Il ne peut pas mourir. Il faut seulement être vigilant maintenant. Et il va falloir lui apprendre à respecter ses aînés, histoire qu'on n'ait pas à le guérir et à le garder au lit pendant dix jours un certain nombre de fois dans l'avenir.
Krys acquiesça. Il restait fixé sur le visage de son frère, guettant le moindre signe de douleur, de souffrance, d'éveil. Je tournais le regard vers la porte. Matt se tenait adossé au mur d'en face, hésitant sur sa posture, croisant les bras, les laissant retomber le long du corps, frottant ses mains sur son jean...
Un mouvement à côté de moi retint mon attention. Antony ouvrit lentement les yeux, avec précaution. Krys serra encore plus fort sa main entre les siennes. Antony grimaça, avant d'esquisser un petit sourire. Krys lui rendit timidement.
- Ca va ?
Antony acquiesça en portant sa main libre à son front.
- Il fait chaud...
Krys s'empressa d'entrouvrir la fenêtre. J'en profitai pour intervenir.
- Alors monsieur l'inconscient, rien de cassé ?
Krys m'adressa un regard surpris, l'air de dire « mais à quoi tu pense ?! ». Je n'en tenais pas compte. Antony me regarda et hésita longuement.
- J'suis qu'un idiot hein... Je me suis pas raté cette fois.
- Oui. Mais ce n'est pas à moi que tu dois dire ce genre de chose...
Je lançais un regard à Matt, resté en retrait, coupable. Antony essaya de se redresser, il retomba allongé sur le lit, cloué par la douleur. Krys fut aussitôt sur lui, ne sachant que faire pour le soulager, lui demandant ce qui se passait. Matt s'approcha prudemment.
- C'est rien, c'est rien ! s'exclama Antony.
Krys se calma. Matt vint se placer près de nous. Antony se mordit la lèvre, les sourcils froncés. Pour sûr, il n'avait pas l'habitude de s'excuser pour ce qu'il faisait, encore moins pour ce qu'il ne faisait pas... Il baissa les yeux un instant avant de les relever vers Matt.
- Matt... Je suis désolé, j'aurais dû t'écouter... J'ai...
Il cherchait ses mots visiblement. Il soupira, laissa sa tête retomber encore sur l'oreiller.
- Merci, finit-il par murmurer.
Matt fixa Antony, longuement. Puis il hocha la tête, tapota doucement la main d'Antony avant de ressortir de la pièce. Je me levais à mon tour. Krys semblait fatigué.
- Tu devrais te reposer, lui conseillais-je. Toi aussi, ajoutais-je à Antony, vaguement amusé.
Les deux acquiescèrent. Krys se leva à contre c½ur, s'apprêtant à sortir de la pièce. Il était déjà 21h passées. Je proposais mon aide à Antony pour le remonter dans sa chambre, s'il avait suffisamment de forces. Il accepta et je le portais avec l'aide de Krys au premier étage. Puis, celui-ci entra dans sa chambre après m'avoir salué. Quand je redescendis, Matt m'attendais pour aller... eh bien vider quelques gorges, remettre à niveau nos réserves. Mais d'abord, nous allions essayer de décompresser un peu. La journée n'avait pas été facile pour lui. Il s'en voulait encore beaucoup... La nuit promettait d'être longue...



Et voilà, après une longue absence
(encore désolée !!)
je publie un nouveau chapitre !
(écrit cette nuit !)
j'espère qu'il vous plaira, que ça se passe bien dans vos petites vies ^^
et j'espère revenir avec d'autres (entre deux entraînements au bac...)
très bientôt !!!
@+ et encore merci de suivre ^^

# Posté le mardi 21 avril 2009 07:44

Modifié le samedi 09 mai 2009 12:12

__________________________________ Chapitre 53_____________________________ ______ Mais comment te dire ? Les mots ne viennent pas... ________ Kyo

__________________________________ Chapitre 53_____________________________ ______  Mais comment te dire ? Les mots ne viennent pas... ________ Kyo

[Aïen]


Le tintement familier des verres qu'on déplace, des couverts qu'on repose, le ronflement des conversations incessantes... Je laissais mon regard errer dans le restaurant, à la recherche de je ne sais trop quoi. Un signe, n'importe quoi. Pour rien en fait. J'essayais surtout de ne pas penser à la façon dont Krys avait décidé de s'occuper d'Antony. Et le concerné n'avait rien pu dire. Après tout, on ne s'oppose pas à son meilleur ami lorsque celui-ci décide de vous pouponner et de jouer les mères poules... C'était comique en quelque sorte. Mais je savais bien qu'une partie du contrat déplaisait fortement à Antony : Krys lui avait interdit de sortir de la maison, même pour les cours, sans se soucier de notre consentement bien sûr, et même pour s'approvisionner. Et quand on lui avait demandé comment il comptait faire, il répondit après un long silence qu'il irait lui-même. Matt s'était retenu à la table pour ne pas tomber, Antony était plus pâle que d'habitude et cherchait de l'air pour respirer, tandis que je fixais Krys, qui refusait de me regarder.
- Krys...Tu sais très bien ce que ça implique ce que tu dis... On s'est mis d'accord il y a des années sur ça. On n'a pas le droit, tu ne peux pas forcer Antony à boire ton sang, même si...
- On a rajouté, s'était exclamé Krys en me coupant, que s'il y avait urgence et que c'était vraiment important, on pouvait le faire !
- Antony est en état de se déplacer, il peut le faire seul ! Et au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, il est blanc comme un linge parce qu'il ne veut pas TE faire ça !
Krys avait alors tourné la tête vers Antony, le regard triste.
- Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose...
- Krys, je... je ne veux pas... je ne peux pas faire... ça... Je...
Il n'avait pu finir sa phrase, car Krys s'était jeté sur lui et le serrait dans ses bras.
- Je sais, avait-il sangloté. Mais... s'il te plaît... je serai rassuré si tu restais à la maison encore un peu...
Antony n'avait pas répondu et s'était dégagé, l'air grave, de l'étreinte de Krys. Il s'était levé et s'était rendu dans sa chambre, au premier étage, claquant la porte derrière lui. Krys était désemparé. Il me regardait les yeux embués, se mordant la lèvre. Il avait honte d'avoir eu de telles pensées. Des pensées dont il savait que, à la place d'Antony, il les aurait immédiatement rejetées. Il s'était levé, penaud, et s'était rendu à la cuisine. Matt me regardait avec effarement, encore sous le choc, et se déplaça précautionneusement jusqu'au canapé. Dans la cuisine, la porte vitrée avait claqué.
Une caresse sur ma main me ramena à la réalité. Je regardais les doigts fins qui traçaient des lignes sur le dos de ma main. Julia me regardait tendrement. # A quoi tu pense ? # Je plantais mes yeux dans les siens. Je ne devais pas trop lui en dire. Je savais qu'elle pouvait supporter beaucoup mais je pressentais sa réaction.
- Pas grand-chose. Antony s'en remet bien.
- Ah. Et Krys ? Il n'est pas trop... perturbé ?
- Il essaye d'être là le plus possible. Mais il ne peut pas arrêter de vivre pour autant...
- Je comprends...
- Si tu veux on peut passer à la maison, après.
- Oui.

Je retournai ma main sur la table et attrapais la sienne. Ses yeux m'observaient, cherchant la faille. Mais je ne devais pas répondre. Pour la déstabiliser, je lui fis mon plus beau sourire. Elle cilla, se redressa sur sa chaise avec un sourire en coin, les sourcils froncés.
- Quoi ? me demanda-t-elle.
- Rien...
- Pourquoi tu me regarde comme ça ?
- Comme quoi ?
- Je ne sais pas moi... Comme ça !

Je ris. Elle resserra son emprise sur ma main et fit semblant de paraître sévère. Semblant, j'ai bien dit, car elle n'y réussissait pas du tout.
- Monsieur Ronchon, vous allez me dire immédiatement ce à quoi vous pensez...
Je me penchais sur la table, elle fit de même. Je décidai de chuchoter ma réponse.
- Je ne connais aucun Monsieur Ronchon...
- Bien. Monsieur Aïen Casi, voudriez-vous bien, s'il vous plaît
, accentua-t-elle, me décrypter vos pensées à mon égard ? Ou est-ce trop vous demander ?...
Je lui souris, me relevais un peu. J'affichais une moue hésitante. Elle, n'attendait qu'une chose : que je craque.
- C'est compliqué... Je ne sais pas, Mademoiselle Julia Tresden, si vous comprendriez ce que je veux vous dire, ou du moins, si vous n'allez pas en être choquée...
- Dis...
lâcha-t-elle tout bas, d'un air persiflant.
- Eh bien...
Je m'approchais encore d'elle, nos visages à quelques centimètres l'un de l'autre, et sans plus hésiter, je posais mes lèvres sur les siennes. Sa main remonta le long de mon bras, la mienne alla se loger sur sa nuque. Notre baiser dura, dura... Il ne semblait pas vouloir s'arrêter. Puis elle se recula, sans prévenir, tourna la tête sur le côté, les yeux baissés et se cala au fond de sa chaise. En même temps, elle croisa les bras : elle boudait. Je me redressais et ris. Elle ne céda pas. Je l'appelai doucement. Une deuxième fois. Rien. Bien. Tant pis. Je saisis ma fourchette et piquais les légumes dans mon assiette. Sans même l'avoir mise à la bouche, je la reposais sur le coin de l'assiette. Ca faisait presque de la peine.
- Julia... Julia, mon amour...
Elle releva la tête, me regarda avec des yeux ronds. # Depuis quand tu m'appelle « mon amour » ?! #.
- Depuis que je l'ai décidé. Tu es la fille que j'aime, que j'aime de tout mon c½ur de garçon froid comme la glace, j'ai bien le droit de t'appeler « mon amour », non ?
Ses bras se délièrent et retombèrent sur ses genoux. Elle me regardait à présent tendrement, et gênée. Elle jeta un ½il à mon assiette.
- C'est bon ?
- Ca va. Et toi ?
- Ca va. C'est bon.

Elle me sourit timidement, je lui rendis sans pudeur. Je demandais l'addition.
- Ca te dérange si on va prendre le café à la maison ?
- Non. Pas du tout.

Nous nous levâmes, je payais, et nous sortions sous un ciel inhabituellement couvert.
Le spectacle qui nous attendait à la maison était pour le moins... surprenant. A peine la porte d'entrée dépassée, nous nous retrouvâmes sur une sorte de chantier de construction. Et la cause ainsi que le responsable de tout ceci se trouvait devant nous : Anto, habillé en survêtements, en train de nettoyer furieusement avec un balai et une serpière le sol du salon. Vraiment, vraiment bizarre...
- Anto ? demande Julia prudemment. Ca va ?...
- Ca va, ça n'a jamais été mieux de toute ma vie, répond-t-il brusquement en appuyant encore plus contre le balai.
Je sais que ça n'a jamais été très loyal de faire ça, mais bon... Je ris doucement et attire Julia à moi, j'enserre sa taille de mes bras. Je pose un baiser sur ses cheveux, me concentre un peu. # Sale petit con ! Idiot ! Imbécile ! Me faire ça à moi ! Moi, son aîné ! Sale petit prétentieux de mes deux ! Il va voir ce qu'il va prendre ! Non mais ! J'te jure que si je le coince dans une ruelle un de ces quatre... Ah il va en morfler hein ! # Je sens Julia s'affaisser. Je l'attrape plus fermement et la prend dans mes bras. Oui, j'ai appris à forcer l'esprit des gens qui lockent. Oui, je sais que c'est mal, mais là, c'était vraiment un cas urgent. Et oui, je sais, pour forcer les pensées de quelqu'un, j'ai besoin d'une réserve d'énergie en plus, et j'ai utilisé Julia sans lui demander son avis. Oui, je sais tout ça... Et alors ? Je passe près d'Antony, lui tapote doucement l'épaule d'une main, en veillant à ne pas faire tomber Julia. Il grogne. Je ris et me rend avec Julia dans les bras à l'étage. Je pousse la porte de ma chambre et l'allonge sur le lit. Elle lutte pour garder les yeux ouverts... J'suis peut-être allé un peu loin, là, non ?... Elle se roule sur le côté.
- Je vais voir Antony, murmuré-je en posant un baiser sur sa joue.
Mais j'ai à peine le temps de me lever qu'une main saisit mon poignet et un pied me cogne l'arrière du genou. Et je tombe en arrière. Sur le lit. Et elle se retrouve sur moi, allongée la tête sur mon torse, à moitié endormie ou presque. Je souris et passe mon bras autour de la taille de Julia, une main dans ses cheveux. J'irai voir Antony plus tard...

[Anto]


La maison était silencieuse. Bizarrement, j'en étais heureux. Peut-être était-ce un peu idiot de dire ça, mais ne pas avoir Krys sur le dos me rendait heureux. Ces dernières semaines, sa présence que j'avais souvent souhaitée m'avait littéralement étouffée. Mais je ne lui en voulais pas. Et je respectais ses choix. Même si je répugnais à ses méthodes... Je souris et secoue la tête. C'est vrai que s'enfermer dans un placard et échanger de corps avec Matt pour m'assommer et retourner dans son corps et me...nourrir de son sang alors que je suis inconscient... Je frissonne. Je lui ai parlé plusieurs fois de ça. Je refuse de me nourrir de lui plus de trois fois par semaine, et c'est déjà énorme. Ce qui explique que je sois à cran, en attendant de retourner à la vie quotidienne, être libre, pouvoir me nourrir par moi-même sans ma nounou derrière moi, ma nounou que j'aime énormément, comme un frère voire plus... Perdu dans mes souvenirs, je versais le contenu du saladier dans le plat, mis la tarte au four et me tournais vers Julia. Elle préparait la salade de tomates avec application, les yeux rivés sur ses mains qui tenaient et coupaient les légumes. Aïen me l'avait "confiée" avant de partir chercher les deux autres. Elle dormait encore dans sa chambre. Elle dût sentir que je l'observais car elle leva la tête. Puis tout alla très vite : un instant d'inattention, son doigt passe sous le couteau et s'ouvre en une fine fente. L'odeur du sang me vient aux narines. Je frémis, mais me rends tout de même auprès d'elle. Le regard fixé sur son index blessé, elle le presse entre le pouce et l'index de l'autre main. La goutte de sang grossit, grossit. Un grognement sourd résonne au fond de mon âme, un appel muet, une soif de sang, tandis que je rejette le couteau dans l'évier et actionne le robinet. Elle relève lentement la tête et me fixe droit dans les yeux en me tendant son membre à vif.
- Tu veux... ?
Des sueurs froides coulent le long de mon dos. Je pourrais jurer de t'avoir vue sourire. L'appel au fond de moi devient un cri désespéré. Tu ne devines même pas à quel point je peux te HAÏR en cet instant. Une haine si forte, si puissante. Je DOIS me contrôler. Il le faut. J'attrape un torchon propre et lui mets sans ménagement entre les mains. Je lui lance un regard noir, empli de haine, de dégoût.
- Tu es ridicule, sifflé-je, glacial.
Ridicule. Et le mot est bien faible. Elle semble surprise. Je me détourne et me rend à la salle de détente, claquant au passage la porte de la cuisine derrière moi. Ce qui ne manque pas de la faire sursauter.
Je branche la chaîne hi-fi, en mode aléatoire. Comme toujours, j'ai poussé les basses à fond et les murs tremblent dès les premières notes. Je me laisse tomber dans le canapé.
With the radio on turned up so loud (Avec la radio allumée si fort)
That no one hears you screaming (Que personne ne t'entends crier)

Je bats machinalement la mesure, à moitié allongé...
You don't know what it's like (Tu ne sais pas ce que c'est)

... ferme les yeux. Le volume monte, augmente toujours...
To be hurt, to feel lost (D'être blessé, se sentir perdu)
To be left out in the dark (Être abandonné dans le noir)
To be kicked when you're down (Être jeté dehors quand tu te sens mal)
To be on the edge of breaking down (Être sur le point de te briser)
And no one there to save you (Et personne ici pour te sauver)

... La musique qui vibre remplace les battements de mon c½ur absent, à travers chaque cellule de mon corps...
No you don't know what it's like (Non, tu ne sais pas ce que c'est)
To be like me (D'être comme moi)

Non. Elle ne sait pas. Personne ne sait. Un vampire, passe encore, mais un vampire... comme moi... Je n'ai pas le droit à l'erreur. Et pourtant... J'entends la porte s'ouvrir. C'est elle. Son parfum, l'odeur de son sang. Elle est hésitante. Je le sais, même les yeux fermés.
- Si c'est pour me proposer ton sang, tu peux repartir tout de suite, fais-je les dents serrées.
Elle s'approche, s'arrête près du canapé. Je daigne ouvrir les yeux, méfiant.
- Je suis désolée, je ne pensais pas que tu... enfin que ça t'énerverait... c'était une...
- Je ne plaisante pas avec ça, la coupé-je en me relevant. Tu ne sais pas ce que c'est, toi, de devoir résister en permanence au monde qui t'entoure, à tous les plaisirs, continué-je en amenant sa main blessée à hauteur de nos visages, qu'ils soient physiques...ou vitaux... Tu n'as pas l'air de mesurer à quel point nous sommes sensibles...
Je passe derrière elle, arrête ma bouche à son oreille.
- ...à quel point nous pouvons être dangereux...Je ne sais pas si tu réalise, ajoutais-je plus bas, que si l'on ne se contrôlait pas, si JE ne me contrôlais pas, tu ne serais même pas en train de m'écouter, figée, avec des sueurs froides...Ta survie ne dépend que de notre volonté forcée et de la crainte qu'on pourrait avoir les uns des autres, si jamais tu venais à être vidée de ton sang.
Elle est pétrifiée. Je me replace lentement devant elle, continue de lui tourner autour.
- Personne ne peut savoir ce qui se passera si tu croise l'un de nous quand il a faim, quand il est en proie à une soif dévorant qui lui ronge les entrailles, et contre laquelle on ne peut lutter. Et à ce moment-là...peu importe qui tu es, soufflé-je dans sa nuque.
Elle frémit. Je pourrais presque voir la chair de poule parcourir sa peau et ses cheveux se dresser sur sa tête. Je rapproche nos visages, nos corps.
- Tu pense que c'est facile pour nous ? Que c'est un jeu d'enfant ?! m'exclamé-je. Non, non, tu ne sais pas. Tu ne sais pas ce que c'est résister... Alors s'il te plaît, fais attention et... ne me tente pas.
Je porte son doigt blessé à mes lèvres. Elle me regarde faire, les yeux toujours écarquillés, sans pouvoir bouger. Le léger goût du sang envahit ma bouche. La bête gronde en moi. Elle en veut plus. J'en veux plus... Je peux voir au fond de ses yeux apeurés le reflet des miens, qui virent au noir soutenu et où la lueur rougeâtre commence à apparaître. Dans un dernier élan de conscience, je la repousse.
- VAS-T'EN !
Elle retombe sur le canapé. Proie facile et perdue. Lui tournant le dos, j'essaye une dernière fois de contrôler mes mains qui ne demandent qu'à l'immobiliser, ma bouche qui ne veut que se poser sur sa gorge découverte. La porte s'ouvre à la volée et claque contre le mur. Je me retourne. Un corps s'abat sur moi et m'enserre tandis que, mû par une soif de sang neuf, je me débats comme un forcené. Une masse recouvre le corps de Julia, le cache de ma vue, mais pas de mon ouïe. Matt. Je suis traîné de force au dehors et mes illusions lancées sont contrées.
Un adolescent d'une quinzaine d'années passe près de nous. Les bras me relâchent tandis que j'immobilise sauvagement ma proie infortunée et plante mes crocs dans la chair grasse et boutonneuse. Krys me regarde avec compassion, tandis que le liquide vital apaise mon instinct. Puis il s'en va, me laissant finir mon repas, en toute intimité...



*

# Posté le mercredi 13 mai 2009 13:39

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 11:38

...

*

Privée d'ordi (et de sorties) jusqu'au bac (fin le 24 juin)
Sorry !!

# Posté le samedi 02 mai 2009 09:59